Cinéma 2012
Dark Shadows (1/2) |
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Dark Shadowsde Tim Burton(1/2)
C’est l’histoire d’une rencontre évidente : celle de Tim Burton et d’un vampire. C’est aussi l’histoire d’un manoir gothique et d’une sorcière. Tout est normal. Mais c’est aussi l’histoire d’une ado bourrue, d’un gamin orphelin, d’une matriarche digne, d’une psy alcoolique, des années 1970, de l'explosion des familles et d’une obsession sexuelle dévorante. On y entend Curtis Mayfield et les Carpenters, le sang y coule à flot, ainsi que les gags triviaux. Au milieu, il y a un concert d’Alice Cooper. Violence, amour, monstres et petites culottes. Ce n’est pas le nouveau Sono Sion, c’est Dark Shadows, adaptation d’une série télévisée mineure. Aujourd’hui, c’est un film majeur et l’une des plus belles œuvres de Tim Burton.
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Guilty of Romancede Sono Sion
Sono Sion est le cinéaste du point limite. Point limite de l’être humain, mais aussi du cinéma. Il ne cesse de tirer ses personnages, ses histoires et son style vers la rupture. Jusqu’où peut-on pousser un homme ?, c’était l'accroche de Cold Fish, son drame psychologique ultra gore. C’est à nouveau le thème principal de Guilty of Romance, appliqué à deux personnages féminins au bord de l’effondrement. Moins fou que son chef-d’œuvre Love Exposure et moins éprouvant que Cold Fish, ce nouvel opus n’en demeure pas moins extrême et indisposera plus d’un spectateur. A l’instar d’un Quentin Tarantino ou d'un Takeshi Miike, Sion mêle virtuosité et philosophie avec une vraie gourmandise de cinéma d’exploitation. A chacun d’apprécier cette insistance, en la jugeant complaisante ou viscérale. Mais, contrairement à des petits rigolos tels que Lars Von Trier ou Michael Haneke, Sono Sion ne cherche jamais à habiller ses œuvres sous les oripeaux de l’intellectualisme ou de « l’Art ». Ses films demeurent ambitieux, caviardés de tours de force et de performances d’acteurs mémorables, mais leur aspect iconoclaste et leur lyrisme brutal finissent par tout emporter dans un premier degré qui retourne, parfois littéralement, l’estomac.
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Blanche Neigede Tarsem Singh
Qui mieux que Tarsem Singh pour redonner des couleurs à Blanche Neige ? Le terrain de jeu s’avère idéal pour un réalisateur passionné par le dynamitage des codes des mythes. Et, bien sûr, voilà une nouvelle occasion de laisser aller sa passion débridée pour la flamboyance visuelle. Sur ce point, son Blanche Neige est une splendeur, un rêve de direction artistique totalement libre. Tarsem sait ce que signifie le terme fantaisie et vogue dans un XVIIIe siècle fantasmé où tous les excès sont permis. Les costumes s’épanchent comme des personnages à part entière, les décors resplendissent de détails et la caméra y navigue avec gourmandise. Comme à son habitude, le réalisateur construit son œuvre telle un ballet ou un opéra. Pour Les Immortels on flirtait avec Wagner, ici rendez-vous chez Tchaïkovski et Offenbach.
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Mini-critiques
Le Territoire des Loups
L’homme face à la nature, l’homme face à la mort, le programme simple d’un survival décharné qui ne s’embarrasse d’aucune digression. Dans un monde sans dieu, les héros sont absolument seuls face à la sauvagerie. Survivre, oui, jusqu’au tout dernier souffle, jusqu’à la dernière seconde, ne rien lâcher. C’est là toute la grandeur d’un récit d’aventure à l'ancienne, éprouvant mais jamais désespéré. La mise en scène de Carnahan joue brillamment du hors-champ et crée une angoisse omniprésente. Des limites du cadre peut surgir un loup à tout moment, menace quasi métaphysique qui entraîne The Grey (titre original plus évocateur) vers les frontières du fantastique. C’est un film d’hommes, bourru et fleur bleue à la fois, qui ne cède presque jamais aux facilités hollywoodiennes. Certes Liam Neeson, dans une performance idéale, rêve de son ex-femme, mais c'est la petite fêlure qui raye la parfaite armure. Le Territoire des Loups est une réussite inespérée et surtout une œuvre magnifique sur la volonté de vivre.
Babycall
C’est bien normal que tous les pays du monde rêvent d’avoir leur Dark Water. Après tout, le film de Nakata reste une référence en matière de fantastique psychologique au quotidien. Babycall cherche néanmoins à s’éloigner de l’ombre tutélaire en collant au plus près de l’esprit dérangé de son héroïne. Quitte à mentir totalement au spectateur en lui montrant tout et son contraire. Le procédé est très discutable car il permet de balayer d’un revers de la main toute tentative de cohérence. Le twist est prévisible dès les premières scènes, mais le film veut nous brouiller les pistes sans jamais vraiment y parvenir. Le réalisateur choisit alors de tout faire reposer sur les épaules de sa talentueuse actrice. Un choix compréhensible, même si Noomi Rapace ne semble pas encore revenue de Millenium. Reste un petit thriller sympathique avec quelques scènes prenantes, mais fort insignifiant au final.
Les Pirates, bons à rien, mauvais en tout
Au milieu, il y a London Calling de The Clash et sur le générique de fin il y a Allright de Supergrass. C’est donc un très bon film. C’est surtout le nouveau bébé du studio Aardman, le seul sérieux concurrent à la domination de Pixar sur le divertissement familial mondial. C’est moins bien qu’un long Wallace et Gromit, mais tout aussi savoureux que Chicken Run. Et quitte à ne retenir qu’un aspect, chantons à nouveau les louanges des détails. Des anachronismes dans les coins, des tableaux détournés, des enseignes calembours, des petits trucs qu’on ne perçoit que du coin de l’œil et qui tirent parfois ces Pirates vers le génie (« And a free pen ! »). Oui, le déroulement est classique, relativement prévisible et il n’y a pas de surenchère dans la frénésie. C’est juste peaufiné avec une telle générosité et doublé avec une telle classe (de Hugh Grant à David Tennant en passant par Martin Freeman) que s’en priver s’avère criminel.
Confessions
Une pure œuvre de formaliste, maniérée jusque dans ses moindres recoins. Ceux qui se sont extasiés avec Drive risquent de faire une rupture d’anévrisme devant Confessions. Des ralentis partout, tous les plans retouchés informatiquement comme dans Les Trois Singes de Ceylan, une bande-son hypnotique à base de Boris et de Radiohead, le film veut nous épater. Par son esthétique, tout autant que par son scénario et sa construction complexe et vicieuse. En creux, c'est un portrait classique de la jeunesse japonaise, forcément paumée, et peu avare en scènes chocs. On ne peut nier la puissance de certaines images et la virulence de la démonstration. C’est probablement trop, à tous les niveaux, mais cela suscite sans cesse l’intérêt, même dans une deuxième partie un peu longuette. En tout cas, le film ressemble vraiment à du cinéma, et ça fait du bien.
2 Days in New York
Une grande comédie du verbe, heureuse de sa trivialité, ravie de son nombrilisme, quelque part entre du Woody Allen pouêt-pouêt et du Desplechin pipi-caca. Débarrassée des questions métaphysiques, Julie Delpy s’éclate en chargeant la barque de la beauferie française. Cela devrait être lourd, ça l'est parfois, mais l’avalanche non-stop de piques et de gags convainc par la seule force de son énergie dévastatrice. Tout ne s'avère pas drôle, mais quand ça l’est, c’est énorme (le dîner en famille au milieu du métrage crée un long fou-rire de 10 minutes). Amusant.
Malveillance
Y a-t-il des limites aux invraisemblances dans un film ? Cela dépend, bien sûr, du genre, de l’atmosphère, du style du réalisateur. On ne demande pas la même chose à Tarsem ou à Robert Bresson. Dans le cas de Malveillance, Jaume Balaguero essaie de ciseler un thriller relativement réaliste et particulièrement cruel. Malheureusement, dès la première scène, la crédibilité est totalement piétinée. Chaque séquence du film présente une énormité, plus ou moins frappante, qui empêche toute implication. Par ailleurs, la méchanceté absolue de l’histoire et de son personnage principal en réjouira certains, tout en laissant les autres relativement perplexes. |
Les Hauts de Hurleventde Andrea Arnold
Je voue un amour sans borne aux Hauts de Hurlevent. A mon sens, aucune adaptation cinématographique ne peut approcher la force du texte d’Emily Brontë. Aussi estimables qu’elles soient, les versions de Wyler et de Buñuel ne font qu’effleurer l’essence du livre. On était en droit d’attendre beaucoup d’Andrea Arnold, qui, de Red Road à Fish Tank, trace l’une des filmographies les plus passionnantes de cette dernière décennie. La réalisatrice a choisi une approche similaire à celle de Kelly Reichardt pour La Dernière Piste : format 1.33 :1, approche réaliste, économie des paroles. La lecture sensualiste de l’œuvre se révèle la plus pertinente, remplaçant les descriptions écrites par les images. La nature, ou plutôt la Nature, se révèle le moteur et le liant de l’histoire. Les protagonistes ne sont qu’un maillon d’un cycle qui les dépasse. Violence des sentiments et violence des éléments, une brutalité qui ne connaît ni le bien, ni le mal et qui était le cœur du roman. Aucun manichéisme mais un romantisme terminal filmé avec une âpreté qui déstabilisera ceux qui s’attendent à un énième drame en costumes.
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Cheval de Guerrede Steven Spielberg
Il est toujours bon de le rappeler, si Steven Spielberg a presque à lui seul donné naissance à la domination des blockbusters contemporains, son regard est sans cesse tourné vers le passé glorieux d’Hollywood. Un rêve de l’âge d’or qui se nourrit aussi bien des comédies à la Lubitsch que des fresques à la John Ford ou à la David Lean. D’où la filiation naturelle de Cheval de Guerre avec les spectacles d’autrefois. C’est un film d’une grande pureté, d’une grande simplicité, sans que cela soit péjoratif. C’est aussi une vraie œuvre tout public, avec juste le bon dosage de drame et de violence pour marquer les jeunes esprits sans tomber dans la complaisance. Cheval de Guerre allie la force du récit d’apprentissage (avec un héros animal) et l’évidence d’une mise en scène qui atteint la perfection. Les chantres de l’originalité à tout prix, les réfractaires au classicisme, peuvent hurler en cœur, le vrai film de cinéma est ici.
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Hunger Gamesde Gary Ross
Cela fait bien longtemps que le cinéma Hollywoodien a compris que les adolescents formaient la grande majorité de son public. Des adolescents réels (disons entre 12 et 18 ans) et des « adulescents » qui ont logiquement engendré les blockbusters actuels. De Harry Potter à Twilight en passant par mille et un super héros, le président ce n’est peut-être pas bébé, mais on y arrive doucement. Bien sûr, au milieu de l’infantilisation générale surnagent des œuvres de qualité, mais qu’il est frustrant de voir l’ébauche de grands films courir après le cahier des charges. Nouvel exemple avec Hunger Games, début de l’adaptation d’une trilogie de best-seller pour ados.
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Kill Listde Ben Wheatley
Rien n’est plus casse-gueule que l’œuvre métaphorique. Rien de pire que l’artiste qui se croit subtil et ne fait qu’enfiler les clichés à coups de symboles grossiers (exemples récents ici et là). Avec Kill List, le réalisateur britannique Ben Wheatley prend le problème à bras-le-corps et offre une œuvre quasi expérimentale, assez proche des essais les plus originaux des années 60 et 70. Pour assurer son propos, l’auteur fait mine de s’installer confortablement dans deux des genres les plus classiques du cinéma anglais : le film social et le polar grinçant. Deux tueurs à gages prolétaires avec leurs problèmes familiaux et financiers qui se lancent dans un dernier contrat ? Vous connaissez l’histoire par cœur, vous l’avez vue cent fois.
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John Carterde Andrew Stanton
C’est l’histoire originelle, du moins en partie. Après tout, on pourra toujours revenir en arrière, loin, très loin, on finira probablement par atterrir chez Homère. Mais pour ce qui est de nos mythes modernes, le Cycle de Mars d’Edgar Rice Burroughs a fait beaucoup. Pour ceux qui diront : « mais John Carter ça ressemble trop à Star Wars, vilain copieur », c’est en fait l’inverse. C’est Star Wars qui ressemble à John Carter. Et double gifle à la face barbue de George Lucas, en un seul film nous voilà vengés de l’affreuse prélogie, douloureuse épine dans le pied des fans de Luke Skywalker. Balayée La Menace Fantôme, humiliée L’Attaque des Clones, ventilée La Revanche des Siths, John Carter est arrivé avec sa mythologie en or et sa splendeur visuelle.
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Martha Marcy May Marlenede Sean Durkin
Les pires monstres sont ceux à visage humain. Et les films d’horreur les plus terrifiants se peignent aux couleurs ternes du quotidien. Sujet qui dépasse le cadre des reportages sensationnalistes, l’influence des sectes n’est que peu traitée au cinéma. Avant le très attendu The Master de Paul Thomas Anderson, Martha Marcy May Marlene aborde le thème avec toute la subtilité et le courage nécessaires. C’est avant tout une œuvre sur les conséquences, sur la lutte face à la torture psychologique, sur la reconquête d’une âme. Un combat complexe, qui plonge au cœur des méthodes de manipulation des esprits. A la démonstration édifiante, le premier film de Sean Durkin préfère les non-dits et le hors champ. Bien sûr, il y a quelques scènes chocs, mises en scène comme des réminiscences cauchemardesques. Mais l’essentiel se situe dans ce qui est laissé à l’imagination du spectateur. Les plus angoissants films d’horreur sont ceux qui ne montrent pas.
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The Muppetsde James Bobin
Autre genre sinistré : les films de réunion. Vous savez, Les Bronzés 3, Indiana Jones 4, Le Gendarme en Balade, Le Retour des Mousquetaires… Et si on reformait la vieille équipe ? Pas une bonne idée. Sauf pour les fans, et encore. Pour réussir un film de retrouvailles, il faut vraiment compter sur l’attachement du public aux personnages, mais pas seulement. Dans le cas des Muppets, atout de taille, les héros n’ont pas pris une ride, et leur confrontation avec le monde contemporain ne pose guère de problème. Ils se sont séparés, le public les a oubliés, mais ce n’est pas si grave. Reformer le groupe et reconquérir le cœur des gens ne prendra finalement que quelques heures. Même les nouveaux arrivants (deux humains et un muppet) seront vite relégués au rang de figurants pour mieux laisser la vieille équipe faire ses numéros. Les années 70, aujourd’hui, comme si c’était hier.
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Chroniclede Josh Trank
Encore un film de super-héros ? Encore un film d’origines ? J’ai passé l’année 2011 à répéter que l’overdose était atteinte depuis longtemps. Alors pourquoi de l’indulgence pour Chronicle ? Parce que ce blockbuster miniature cherche et trouve les chemins de traverse, comme Incassable en son temps. Revenir à l’intime et au réalisme pour mieux faire croire à l’extraordinaire. Depuis Cloverfield, auquel on pense beaucoup, on n’avait pas vu faux film amateur aussi malin et réussi. Plus finement que dans la production d’Abrams, Josh Trank se joue quasi immédiatement de son dispositif en n’essayant jamais de duper le spectateur. C’est du cinéma, du vrai. Par tous les moyens à sa disposition, le réalisateur recrée la mise en scène, réinventant les travelings et autres plongées à coups de pouvoirs télékinésiques. C’est malin, cela pourrait être exaspérant, cela fonctionne à merveille. Tout comme les trois ados de l’histoire découvrent et abusent de leur puissance, le film se déploie et explose ses limites visuelles. Jusqu’à un final qui rend directement et intelligemment hommage à Akira.
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Millenium : Les Hommes qui n'aimaient pas les Femmesde David Fincher
Millenium. Encore. On va faire simple : si vous avez vu la version suédoise, passez votre chemin. Le nom de David Fincher a beau être mis en avant, la valeur ajoutée de cette relecture est proche du néant. Certes la mise en scène est plus travaillée, mais Rooney Mara n’atteint pas la cheville de Noomi Rapace dans le rôle de Lisbeth Salander. Un partout, la balle au centre. Et surtout, surtout, c’est toujours Millenium, quoi. Même si ce premier volet est de loin le plus intéressant (les deux suivants sont des parpaings inutiles), il s’agit d’une enquête arthritique, dont on voit venir les rebondissements dès les premières minutes. Difficile alors de faire reposer plus de 2h30 sur deux héros pas très palpitants. Lisbeth est un cliché gothico-punk féministe qui franchit souvent les limites en matière de caricature. Ecrite et mise en scène par des mecs, elle passe son temps à alimenter la machine à fantasmes trash. Encore plus complaisants que dans le film suédois, son viol et sa vengeance s’avèrent sursignifiants. Ici, rien n’est épargné, pas d’ellipse, on veut du viscéral. Mais pas trop non plus.
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Take Shelterde Jeff Nichols
Quand on vous dit de rester jusqu’à la fin du film ! Non, mais c’est vrai. Une œuvre mineure peut être transcendée par une conclusion exceptionnelle. Et un bon film peut s’effondrer dans ses cinq dernières minutes. Cas d’école avec Take Shelter, belle description d’un esprit malade sauvé par le soutien irrépressible de sa famille. Métaphore pas vraiment subtile des Etats-Unis dévorés par la paranoïa et les prophéties apocalyptiques ? Certes. Mais la grâce (Jessica Chastain, encore) et la raison peuvent aider même les êtres les plus en proie au chaos. Pendant presque deux heures, on assiste à un drame psychologique imparfait mais attachant, porté par des performances d’acteurs des plus honorable. Puis, c’est la catastrophe.
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Tucker & Dale Fightent Evilde Eli Craig
Le slasher est un genre moribond. Il a été retourné dans tous les sens depuis le début des années 70. Il est passé par les chefs-d’œuvre (Massacre à la Tronçonneuse, Halloween), par les nanars (Vendredi 13 & co), par les parodies (Scream) jusqu’au point limite qu’est la mise en abyme de The Devil’s Rejects. Le vrai problème étant de savoir comment continuer à raconter des histoires d’ados débiles se faisant trucider par des tueurs sadiques et dégénérés. Hollywood ne se pose pas vraiment la question, produisant des remakes à la pelle, tous plus minables les uns que les autres (le fond étant touché par le Vendredi 13 torché par l’impayable Marcus Nispel).
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La Taupede Tomas Alfredson
Le premier grand film de l’année 2012 ne paye pas de mine. D’ailleurs, techniquement parlant, c’est encore un grand film de 2011, qui a culminé tout en haut des classements de la presse outre-Manche. Pas de quoi s’enthousiasmer cependant pour une adaptation de John Le Carré, loin d’être l’écrivain le plus passionnant du siècle dernier. Mais ses trames d’espionnage ont tout pour être de parfaites matrices de suspense cinématographique hors pair. Du moment que l’élément essentiel, la mise en scène, est à la hauteur. Miracle, donc, puisque La Taupe bénéficie de l’immense talent de Tomas Alfredson, remarqué pour le film de vampires le plus réussi de ces dernières années : Let The Right One In. Plus mobile, plus nerveuse, sa réalisation n’en perd pas pour autant ses fondamentaux : un sens renversant du cadre, une lisibilité apaisante, un montage exemplaire, le bon choix pour la bonne idée. Il en découle un chef-d’œuvre de mise en scène pure.
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