Critiques disques
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Andrew Bird Break It Yourself
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Cate Le Bon CYRK
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Burial Kindred
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Chromatics Kill For Love
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Cloud Nothings Attack on Memory
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Dirty Three Toward The Low Sun
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Rose Elinor Dougall The Distractions Ep
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The Hunger Games Soundtrack
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Islands A Sleep A Forgetting
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Lambchop Mr. M
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The Men Open Your Heart
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Nicki Minaj Pink Friday : Roman Reloaded
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Ministry Relapse
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Porcelain Raft Strange Weekend
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Porter Ricks Biokinetics
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School of Seven Bells Ghostory
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The Shins Port of Morrow
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Sharon Van Etten Tramp
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Xiu Xiu Always
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Zammuto Zammuto
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Confessions (Kokuhaku) - Soundtrack
Mélange de douceur, de kitsch, de lyrisme et de violence, la bande-originale de Confessions (Kokuhaku) est exactement à l’image du film qu’elle accompagne. Sophistication absolue et grand écart permanent sont au programme, jamais vraiment loin de la maladresse ou de l’excès. Ici de la J-pop rebondissante, là de l’indie rock planant (Radiohead et The XX), quelques bribes de classique (Bach, forcément). Surtout l’omniprésence du groupe expérimental Boris, perle de la scène musicale japonaise, qui apparaît sur pas moins de 6 morceaux sur les 19 du disque. Véritables stars du disque, les gars de Boris collent des frissons à coups de guitares qui cisaillent, d’envolées métalliques ou d’atmosphères minimales. Premier et second degré cohabitent autant sur cette soundtrack que dans l’œuvre de Tetsuya Nakashima, mais ici avec une cohérence encore plus évidente. Ce qui permet à la musique d’exister comme un tout indépendant, bien au-delà des images. C’est une expérience en soi et surtout une formidable réussite en matière de BO compilation, dont l’homogénéité, malgré toutes les émotions abordées, s’avère exceptionnelle. Indispensable, même sans avoir vu ou aimé le film. |
Grimes - Visions
C’est la star de ce début d’année, et la vague pourrait l’amener très haut jusqu’à la fin de 2012. Claire Boucher, alias Grimes, canadienne de tout juste 24 ans, s’est transformée en coqueluche planétaire. Sa musique, électro régressive joyeuse et complexe, fait danser d’un bout à l’autre du globe. A la première écoute, Visions laisse perplexe. Un peu trop long, gentiment foutraque, l’album oscille entre le coup d’éclat et le coup dans l’eau. Surtout, il faut dépasser l’impression d’entendre parfois un vieux Madonna. La voix de souris qui couine, les synthés pip-pip, les boîtes à rythme maigrichonnes… Le tube Oblivion, c’est Lucky Star et Material Girl qui grelottent dans la cave. Il faut laisser le temps à cette musique de faire sa place. Car elle ne manque pas de personnalité, à l’image de la chanteuse, petite chose comico-trash, attachante et timbrée. Probablement émouvante, derrière toutes ses frasques où flotte le parfum des années 90 extasiées.
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Julia Holter - Ekstasis
« This plane is taking off », murmure Julia Holter au cœur des huit minutes de Boy in the Moon. Comme un écho au Music for Airports de Brian Eno ? Probable, surtout que ce morceau s’envole lentement dans l'ambient, la voix s’effaçant peu à peu dans les douces nappes de synthétiseurs. Mais il est difficile de réduire Ekstasis à un genre particulier. Bien sûr, au fil des chansons on reconnait Broadcast ici (Für Felix), Julianna Barwick là, et beaucoup d’expérimentations issues des années 70. Cotonneuse et électrique, la musique de Julia Holter adore l’école buissonnière. Tout est possible, comme le prouve par exemple Four Garden, déconstruit de partout et pourtant suspendu à une petite mélodie entêtante. Vocodeur, free jazz ou pop qui claudique, Ekstasis surprend et déconcerte. Le disque est de la trempe des œuvres tellement riches qu’il faut lui donner le temps de faire sa place. Atmosphère, atmosphère, oui, il a une gueule d’atmosphère. Sa sophistication et sa complexité en déconcerteront plus d’un, l’écouter d’une oreille distraite ne fera qu’effleurer la surface. Derrière le miroir, c’est toute une cité de cristal qui bruisse, tout un univers miniature qui s’étend.
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Sleigh Bells - Reign of Terror
Dans la pop comme en toute chose, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Les années 2010 se bâtissent sur les souvenirs des pires heures des années 80. James Blake fait du Lionel Richie désincarné, Lady Gaga fait du Meat Loaf sous amphétamines, Chairlift fait du Ah-Ha, Destroyer se prend pour Roxy Music. Des synthés légers, des guitares de métal chevelu, des saxophones partout (M83 et Bon Iver, même combat). On en est là. Il y a 15 ans, toutes ces influences étaient l’ennemi à abattre. On écoutait Nirvana et les Pixies, on vomissait Human League et Guns & Roses. Mais un instrument n’est qu’un instrument, et, bien utilisés, un accordéon, un saxophone et une guitare grasse ne sont pas les enfants du Diable. Tout cela pour dire que, sur le papier, on peut tout craindre d’un groupe comme Sleigh Bells. Des déclarations adolescentes façon Spinal Tap où le duo se présente comme « le groupe qui joue le plus fort », jusqu’à ce mélange entre bruit saturé et voix sucrée.
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Chairlift - Something
Faut-il avoir peur de la pop en 2012 ? Bien sûr, si on allume les chaînes « musicales », on peut répondre par l'affirmative. Il suffit de regarder Lady Gaga brûler des voitures, se rouler nue dans la boue et crier comme une damnée sur du "Hair Metal" pour voir ressurgir les pires heures des années 80. De Katy Perry à Rihanna, on navigue entre Mötley Crüe et Culture Beat, avec des hurlements féminins en prime. Pourtant cette nostalgie pour les années 80 et le début des années 90 ne crée pas que des monstres, ou alors de jolis monstres, comme The Knife ou Austra. Chez Chairlift, on a choisi une voie plus simple. On veut faire plaisir, en sonnant comme en 1984, mais avec les moyens d’aujourd’hui. Dans le son et les intentions, c’est propre, net et attendrissant ; il faut probablement avoir des faiblesses pour Eurythmics ou Buggles pour comprendre.
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James Blake - Love What Happened Here
Entamons 2012 comme nous avions débuté 2011, sous les bons augures de James Blake. Le petit bonhomme trouvant que, bon, allez, ça suffit comme ça avec son album qu’il juge trop accessible, il a décidé de remettre tout à plat avec un petit Ep de trois titres joueurs et expérimentaux, où l'on entend par moments les échos des grandes heures du label Warp. Coup de maître, en particulier grâce au morceau Love What Happened Here. Tour à tour ludique, farfouilleur, cool et bien barré, cet exercice d’un peu plus de cinq minutes étend les possibilités déjà impressionnantes de Blake. Un instrumental avec quelques fragments vocaux traités comme des samples, cela pourrait sembler austère après les débauches lyriques de l’album, il n’en est rien. James Blake, chantre de la déstructuration et de la disparition, nous file encore entre les oreilles. C’est lui, sûr et certain, mais il est déjà ailleurs. Combien de temps pourra-t-il fournir une telle créativité ? Impossible à dire, aucun signe d’épuisement à l’horizon. Au lieu de profiter du succès critique et public, l’artiste repart à la recherche de nouveaux sons, de nouvelles constructions, de nouveaux chemins. Ce que James Blake crée, les Lady Gaga et Rihanna de l’an 2020 le feront probablement aussi. Mais vous pouvez déjà être dans ce futur avant les autres. Demain, en mieux. Ecoutez James Blake. |