Critiques disques
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A Winged Victory for the Sullen A Winged Victory for the Sullen
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Kate Bush Director's Cut
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Anna Calvi Anna Calvi
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Mara Carlyle Floreat
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Class Actress Rapprocher
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Cults Cults
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Cut Copy Zonoscope
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The Decemberists The King is Dead
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Sophie Ellis-Bextor Make a Scene
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EMA Past Life Martyred Saints
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Esben & the Witch Violet Cries
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Feist Metals
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The Field Looping State of Mind
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The Horrors Skying
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Iceage New Brigade
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Iron & Wine Kiss Each Other Clean
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Jens Lekman An Argument with Myself
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M83 Hurry Up, We're Dreaming
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Stephen Malkmus and the Jicks Mirror Traffic
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Laura Marling A Creature I don't Know
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Oneohtrix Point Never Replica
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The Pains of Being Pure At Heart Belong
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Planningtorock W
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Smith Westerns Dye It Blonde
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Three Trapped Tigers Route One or Die
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Toro y Moi Underneath The Pine
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TV On The Radio Nine Types of Light
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Tom Waits Bad as Me
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The War on Drugs Slave Ambient
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Washed Out Within and Without
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Wild Beasts Smother
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Wild Flag Wild Flag
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WU LYF Go Tell Fire to The Mountain
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Zola Jesus Conatus
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Emika - Emika
Je ne suis jamais aussi enthousiaste que lorsque j’ai le sentiment d’écouter une nouvelle étape dans l’histoire de la pop. Alors que la musique marketing, celle qui est imposée aux auditeurs et téléspectateurs, vomit encore les années 80 ou même l’eurodance de sinistre mémoire, Emika est déjà ailleurs. Elevée au dubstep, marquée par les percées électroniques, voisine de James Blake, aimant autant faire peur que faire danser, sa musique est sur la corde raide entre le grand public et l’élitisme. Dès le morceau d’ouverture, 3 Hours, tout est en place. Le son de l’année, l’infrabasse, attaque par les tripes. La voix d’Emika, on ne peut plus charmante, scande un refrain ambigu (« Hit me if it helps you ease the pain, hit me anyway… »). La mélodie est simple, accrocheuse, mais tourmentée. La suite de l’album se bâtit sur ces propositions. Allant du cauchemardesque sublime (The Long Goodbye, FM Attention), au Beyoncé gothique (Professional Loving) qui s’épanche en une coda électrocutée de plus de 4 minutes (Be My Guest). Entre les deux, des tubes pour un monde meilleur (Double Edge, Drop The Other). Et en conclusion, la révélation : deux minutes de piano épurées, comme le générique de fin apaisé d’un film d’épouvante intense. Emika vient d’une formation classique, elle a bifurqué vers les terres électriques au dernier moment. Aujourd’hui c’est un DJ des ténèbres, le chaînon manquant entre les chansons taillées pour les tops et les expériences de The Knife et de James Blake.
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Kate Bush - 50 Words for Snow
Ceci n’est pas un disque de Noël. Pourtant c’est peut-être le bel album dédié à l’hiver. Comme Aerial était estival, 50 Words for Snow plonge dans tous les aspects du monde endormi sous un manteau blanc. L’œuvre s’ouvre sur le parcourt d’un flocon de neige, Snowflake, un duo entre Kate Bush et son fils. Elle se clôt avec une ballade dépouillée, Among Angels. Entre les deux, la musique la plus pure, la plus ardue et la plus hypnotique de la sublime discographie de l’anglaise. Le morceau le plus bref monte à 7 minutes, le plus long culmine au double. 50 Words for Snow n’est pas facile d’accès et ne s’apprécie pas pleinement si on le laisse couler en musique d’ambiance (bien qu’il soit tout aussi excellent pour cet usage).
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St. Vincent - Strange Mercy
L’inventivité infinie d’Annie Clarke était déjà frappante dans ses deux premiers opus, l’aigre-doux Marry Me et le tortueux Actors, mais avec Strange Mercy elle atteint un nouveau niveau. Le plus beau ? Cela ne semble qu’une étape d’une odyssée toujours plus passionnante. Ce nouvel album est à la fois le plus expérimental de l’artiste mais aussi le plus immédiat, celui qui dès la première écoute vous scotche au fond de votre fauteuil. Ce n’est pas un disque facile, ne vous méprenez pas. Il ne se donne pas aux impatients ou aux amateurs de divertissements inconséquents. La musique et les émotions transmises sont âpres, parfois déplaisantes.
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Hooray for Earth - True Loves
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Girls - Father, Son, Holy Ghost
C’est une comparaison que vous n’allez pas lire partout, mais le nouvel album du duo de Girls me fait penser à un disque de… Grandaddy. Non, rien d’absurde, en fait, cela tombe sous le sens. Ecoutez donc les premières minutes de Just a Song, le sommet lyrique de Father, Son, Holy Ghost. "It feels like it’s gone, gone away. It seems like nobody is happy now…" Le chant, la musique, les paroles, tout ici rappelle The Sopthware Slump. C’est à cet instant que la ressemblance avec Grandaddy est la plus troublante, mais elle parcourt tout le disque. Entre les longues ballades lyriques aux textes tout simples et touchants, les gros riffs de guitares sur les hommages au hard-rock des 70’s et les petites chansons pop ultra accrocheuses. Tout est là. Seule différence de taille : l’exécution. Girls est nettement plus clinquant, moins rustique. Le charme est différent, ce n’est pas celui des grosses barbes et des chemises de bucherons de Grandaddy, le plus fragile des groupes de bourrins.
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Austra - Feel it Break
Nous vivons vraiment une époque formidable. Enfin, je dis « nous », mais cela s’adresse à ceux qui, comme moi, estiment que Siouxsie et Kate Bush sont ce qui est arrivé de mieux au début des années 1980. Et oui, car aujourd’hui, toute une génération de gamines ne jure que par les expériences inoubliables de ces deux déesses de la musique populaire. Qu’on en juge, en l’espace d’un ou deux ans, des albums aussi mémorables que ceux de Fever Ray, Joanna Newsom, Bat For Lashes, Zola Jesus, Glasser ou bien encore Austra viennent piocher de manière plus ou moins évidente dans ce grand héritage.
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Julianna Barwick - The Magic Place
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Marissa Nadler - Marissa Nadler
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Bon Iver - Bon Iver
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Fleet Foxes - Helplessness Blues
Le premier album des Fleet Foxes imposait l’involontaire arrogance des œuvres trop polies pour être honnêtes. Ces harmonies héritées des Beach Boys qui venaient nous hurler leur beauté au milieu d’une production cathédrale écrasante. C’était un peu étouffant. Plus discret, plus tortueux, le deuxième long format du groupe fait la part belle à leur leader, Robin Pecknold. Plus introspectif, creusant le son désormais familier pour le distiller et le disséquer, Helplessness Blues ressemble d’autant plus à Brian Wilson invitant le fantôme de Nick Drake pour un dîner sur le porche d’Oncle Boonmee. Oui, c’est légèrement ambitieux. Surtout que l’impression d’entendre une chorale de montagnards perdus dans la forêt n’est jamais très loin. Mais voilà. Une guitare qui surgit de Pink Moon, une voix tremblante et un écho haut comme les Alpes : explosion dans les cieux. Mes aïeux. C’est Sim Sala Bim, le grand spectre folk. Avec enchaînement sur le grandiose Battery Kinzie qu’on jurerait déchu de l’album de Lykke Li. Mais ici l’inquiétude est bien réelle, la mort rode. Jusqu’à perforer la musique sur The Argument, voisin des circonvolutions de Talk Talk. Parfois la voix se fait minuscule, compensant les écarts les plus grandiloquents. C’est Blue Spotted Tail, miniature au coin du feu. Heureusement que la dernière chanson, Grown Ocean promet la résurrection. Les chœurs reviennent discrètement, le rythme respire, le chant s’épanouit peu à peu. On ressent ici une catharsis émouvante. Grand disque. |
Katy B - On a Mission
Je le disais dans un récent Edwood VS la musique, mais il suffit de fermer les yeux et d’écouter les premières mesures de Lights On pour se retrouver dans un club londonien. C’est magique. Le même effet que sur certains morceaux de Moloko/Roisin Murphy. C’est quand sa musique cède à la pure nostalgie, quelque part au tout début du millénaire, que Katy B est la plus touchante. Pourtant la demoiselle n’avait probablement même pas 10 ans quand ces sonorités triomphaient sur les dancefloors. Qu’importe, n’est-ce pas ? Il n’y a pas besoin d’avoir eu 20 ans en 1977 pour écrire de bonnes chansons punks, que diable ! Que la réussite de On a Mission ne soit que partielle n’éclipse pas ses multiples qualités.
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Lykke Li - Wounded Rhymes
Ne le cachons pas, on avait découvert la vachement tendance Lykke Li par l’intermédiaire du plus beau plan de Twilight 2. Une sorte d’illustration idéale du blues adolescent, prostré dans sa chambre, comme si le monde ne tournait plus qu’autour des petites peines de cœur et de notre ego sacralisé. Avec sa voix de gamine, son mignon minois et ses chansons théâtrales, Lykke Li s’affirme comme la nouvelle figure de proue des souffrances qui se parent d’humour pour mieux s’épancher. La preuve ? Le sommet indiscutable de ce nouvel album, une chanson à se damner sur place : Sadness is a Blessing. Rien que le titre. Ouverture de folie : « My wounded rhymes make silent cries tonight ». Plus loin sur le refrain : « Sadness is my boyfriend, oh, sadness I’m your girl ». Le tout emballé dans une orchestration grandiose, avec plein d’échos et de grosses percussions sentencieuses. Oser une chanson pareille c’est, soit de l’inconscience pure, soit savoir exactement où l’on va. Dans cet équilibre entre ironie et cri du cœur, Lykke Li est triomphante.
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Destroyer - Kaputt
Ceux qui refusent de voir dans les New Pornographers le seul et unique super-groupe de notre temps, sous prétexte que les radios à la con et les robinets à clip ne diffusent pas en boucle les clips de AC Newman, Neko Case et Dan Bejar (Destroyer) en sont pour leurs frais. En 2009, Newman sortait Get Guilty (moins bien que The Slow Wonder, son précédent opus, mais de peu), en 2010, Neko Case dévastait tout avec Middle Cyclone et en 2011, Dan Bejar offre l’album le plus accessible de Destroyer. Que vous faut-il de plus ? La beauté infinie de Kaputt est d’être un disque d’ambiance. Un album inquiétant et cool, une sorte de bande-son pour une version optimiste de Blade Runner, un truc jazzy et électronique qui sonnerait comme le disque perdu de Roxy Music période Avalon. Bejar se prend pour Brian Eno et Bryan Ferry réunis. Il y a donc des abîmes et des chœurs féminins, des limousines et des textes mystérieux, la pluie sur la ville et des basses funky. Hypnotique, la musique de Kaputt se construit en litanies à la grâce aquatique. Rêveuses et éperdues, elles voguent parfois au hasard, avant de s’évanouir dans le sublime Bay of Pigs, rescapé d’un précédent disque de Bejar. Les androïdes prennent-ils de la cocaïne électrique ? Probablement. Puissent-ils continuer longtemps. |
PJ Harvey - Let England Shake
Il y a des artistes qui font partie de notre quotidien depuis tellement longtemps et avec une telle constance qu’on finit malheureusement par les noyer dans le décor. Bel exemple avec Polly Jean Harvey, qui, dès ses débuts avec Dry, n’a jamais délivré de mauvais disques. Certains un peu moins intéressants ou pertinents (Is This Desire ?, Songs from the City) mais jamais vraiment regrettables. Une « routine qualitative » trompeuse, quand on a eu du génie une fois, on peut aisément retomber dans la grandeur. La preuve avec Let England Shake, probablement son meilleur disque depuis To Bring You My Love et le coup de tonnerre de ce début d’année.
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The Go! Team - Rolling Blackouts
The Go! Team. Le simple fait d’écrire le nom du groupe provoque la montée d’adrénaline. Au fil des années, leur premier opus, Thunder, Lighting and Strike s’est imposé, non seulement comme l’un des plus grands disques de la décennie 2000, mais aussi comme le plus puissant antidépresseur musical du monde connu. Il ne se passe pas encore un mois, que dis-je un mois ! Il ne se passe pas une semaine sans que je ne me sente physiquement obligé d’envoyer à fond l’album au matin, ou même carrément sur le lieu de travail, en boucle, de préférence. Leur effort suivant, Proof of Youth était un faux remake. Car il faut rappeler que l’une des qualités premières de Thunder est d’être aux trois quarts instrumental. Même lorsque les MCs débarquent, elles sont noyées dans le mix, instruments parmi les autres. Proof of Youth jouait la carte de vraies chansons, parfois pour le meilleur (Doing It Right, Fake ID) et plutôt pour le pire, du moins, le moyen.
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Adele - 21
Il y a forcément quelque chose d’un peu honteux à avouer trouver des qualités aux disques d’Adele. Après tout ce n’est qu’un clone d’Amy Winehouse parmi plein d’autres (Duffy, Florence et ses machines, etc.). Bon, envoyez donc la grosse voix à l’attaque et noyez-nous dans la soul britannique. Dès la chanson d’ouverture de 21, Rolling in the Deep, on est scotché par la puissance d’Adele. C’est Amy mais en version grandiose, dans l’écrin putassier d’une superproduction sonore qui ne fait pas de prisonnier. On est ici dans le domaine du blockbuster musical. Rumour has it, avec son rythme qui cogne, son break de piano vindicatif, secoue le corps momifié d’Elton John. Au tournant suivant, la ballade lyrique nous guette, c’est Turning Tables et rien ne pourrait différencier ce morceau de tout ce qui sort chaque semaine sur iTunes et qu’on nous clame comme étant la révélation de l’année. Mais voilà, Adele a quelque chose en plus. Sa voix, sans doute, le petit truc qu'on y perçoit par intermitence, l’âme dans la soul formatée pour les radios. Une parcelle de différence, c’est peu, mais on ne peut pas toujours passer le dernier Autechre lorsqu’on reçoit des gens normaux chez soi… |
Jessie J - Who You Are
L’entame de l’album de Jessie J est l’équivalent d’une bonne douche froide en plein mois de février. De la donzelle on ne connaissait que le démentiel Do It Like a Dude, sorte de parodie de R’n’B couillu, diaboliquement accrocheur. C’était oublier que Jessie J compose pour Christina Aguilera, Alicia Keys et Miley Cyrus. Bref. Le tube était une anomalie. Une manière de racoler un public différent pour l’entraîner dans des ruelles visqueuses et lui violer l'ouïe sans ménagement. L’écoute de Who You Are devient rapidement intolérable. Abracadabra ? Une face B de Katy Perry. Casualty of Love ? Un truc refusé par Beyoncé. Rainbow ? Quelqu’un s’amuse avec le cadavre de Rihanna et c’est mal. Et paf, collé en plein milieu, Do It Like a Dude, le machin improbable, celui qui en remontre à Lady Gaga et baffe Shakira. Comme secoué, le niveau du disque est un petit peu moins immonde dans la seconde partie. Malgré tout on a droit à l’effroyable ballade épique de conclusion (Who You Are), qui donne l’impression de subir le dernier Katy Perry sans en avoir la compensation nichons. Je ne vais pas vous le cacher plus longtemps, c’est affreux, et cela faisait longtemps que je n’avais pas écouté un truc aussi minable. L’amusement de la découverte du clip de Do It Like a Dude a fait long feu. Poubelle, allumette dans la poubelle, et on lève la patte sur les cendres. |
James Blake - James Blake
Des silences grands comme des abymes... Puis des sautes de pistes, comme au temps des cassettes audio.... Des saturations suivies d’instants purs comme du cristal... Une voix angélique mais discrète... Avant tout : la sensation d’écouter une musique vraiment nouvelle, aux possibilités créatrices infinies. La question qu’on se pose alors inévitablement face à l’impressionnant premier album de James Blake est de savoir s’il dépasse le statut de « tour de force technique ». Les chansons parviennent-elles à exister derrière la production de ce petit génie britannique ?
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