Big Fish


Sortie française en mars 2004
Que peut-on attendre du nouveau film de Tim Burton ?
Après le troublant mais relativement consensuel (du moins selon les critères hollywoodiens) remake de la Planète des Singes, Big Fish apparaît comme un projet nettement plus personnel de la part de Tim Burton. Malgré tout, si l'on se penche sur les grandes lignes du scénario et le témoignage de la première bande annonce, on peut émettre certaines remarques. Le film est vendu comme une oeuvre familiale pleine de bons sentiments et comme un conte de recherche d'identité. On sent y vibrer une note étrangement proche de certaines oeuvres de Steven Spielberg (alors que l'on a longtemps opposé Spielberg et Burton, essentiellement sur leur visions de l'enfance et de la famille). Il pourrait sembler alors logique qu'une nouvelle fois, Burton abandonne son histoire au profit de "scènes". La bande annonce est là aussi flagrante, tant le film paraît être construit autour d'images fortes. Ce qui convient parfaitement à un récit morcelé, fait de bribes de souvenirs et de morceaux de bravoures à la manière d'un Baron de Munchhausen.
On pourra alors reprocher à nouveau à Burton d'être avant tout un "peintre" plutôt qu'un conteur d'histoires. Peu importe. Big Fish s'annonce comme un tour de force esthétique particulièrement réjouissant et d'une grande richesse. Et tant pis (ou finalement tant mieux) si Burton s'y montre moins sombre que dans ses anciens chefs-d'œuvre. Un nouveau Burton est né depuis la Planète des Singes, moins gothique, moins tourmenté, moins camarade des ténèbres, et c'est ce qui pouvait lui arriver de mieux. Après s'être laissé enfermé dans une formule avec Sleepy Hollow, il semble poursuivre sa remise en questions avec un Big Fish très coloré, très américain, voisin du Catch Me If You Can de Spielberg et flirtant pour le meilleur avec les merveilles de Terry Gilliam. Big Fish, bien loin d'être le film que tout le monde attend de Tim Burton, sera peut-être tout autre. Et on y retrouvera bien sûr certains lieux et personnages qui nous sont fort familiers (le monde du cirque, celui des forêts tortueuses, celui de la magie noire de la magie blanche, celui des petites filles et des femmes qui sont des poupées de cire...)
Et que l'on ne se trompe pas devant la bande annonce et son final touchant sur la musique d'Edward aux Mains d'Argent, Big Fish pourrait être la vraie révolution de la carrière de Burton. Certains seront déçus, ils seront nombreux, de ne pas retrouver l'ambiance des grands classiques gothiques de son auteur, et d'autres, je l'espère très nombreux, accueilleront cette évolution douce mais immense, avec une joie sans limite.
D'après le roman de Daniel Wallace
Scénario de John August
Photographie de Philippe Rousselot
Costumes de Coleen Atwood
Décors de Dennis Gassner
Musique de Danny Elfman
Avec
Albert Finney
Ewan McGregor
Billy Crudup
Jessica Lange
Alison Lohman
Helena Bonham Carter
Danny DeVito
Marion Cotillard
Steve Buscemi
Daniel Wallace
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