Elle est l'une des plus belles stars
d'Hollywood. Elle est l'une des plus talentueuses aussi. Son premier rôle pour
le grand écran fut dans l'un des meilleurs films de tous les temps. Elle
enchaîne les réussites cinématographiques avec panache. Elle est simple,
dynamique, passionnante. Bref, Kate Winslet a tout pour être la plus grande
actrice de sa génération et elle le prouve. De Heavenly Creatures à Titanic en
passant par The Reader, Kate Winslet a atteint les sommets de la reconnaissance et
de la popularité en très peu de temps, et ce n'est que le début.
Il est à la fois très simple et relativement difficile de
définir la "magie" Kate Winslet. Il y a bien sûr ce jeu énergique, d'un naturel
hallucinant, cette capacité à enchaîner toutes les émotions en quelques
instants, sans jamais donner l'impression de surjouer ou de forcer la formule.
Il y a cette personnalité, à la fois simple et mystérieuse, qui sait être
chaleureuse ou étrangement froide. Il y a ce charme original qui joue à la fois
sur une beauté troublante, sur une voix reconnaissable entre mille, sur un
sourire unique, sur un regard clouant.... En clair, elle a tout d'une Star.

Kate Winslet est née le 5 octobre 1975 à Reading en
Angleterre. Ce n'est rien de dire que la petite était prédestinée. Son père et
ses deux sœurs sont acteurs, ainsi que son oncle, ses grand-parents possèdent un
théâtre "privé"... Dès l'âge de 5 ans, elle sait qu'elle veut devenir actrice.
Son premier rôle sera celui de la Vierge Marie (!) qu'elle interprète
parait-il avec une conviction hors du commun.
Son premier véritable rôle est une pub où elle expose
surtout ses talent de danseuse. Elle a 13 ans. Elle poursuit sa carrière au
théâtre puis dans plusieurs séries télévisées. Mais il lui reste à faire ses
débuts sur grand écran. Et elle ne va pas commencer dans une obscure série Z,
loin de là....
 
Kate Winslet fut sélectionnée parmi 175 autres actrices
pour interpréter le rôle de Juliet Hulme dans l'adaptation cinématographique du
fait divers tragique qui traumatisa la Nouvelle-Zélande en 1954. Pauline Parker
et Juliet Hulme, deux amies plus que proches avaient assassiné la mère de
Pauline dans l'espoir que cet acte leur permettrait de ne jamais être séparées,
le résultat fut exactement l'inverse. Mais ce drame hallucinant allait donner
matière à l'un des plus extraordinaires film de l'histoire du cinéma. Et au
premier rôle cinématographique de Kate Winslet, rôle qui reste à ce jour son
plus beau et de loin.
Heavenly Creatures (Créatures célestes) est un film magique, un état de grâce d'1h45. La perfection
absolue du 7e art. Et c'est la somme d'un grand nombre de talents qui a enfanté
ce rêve/cauchemar bouleversant. Et l'apport de Kate Winslet dans cette réussite
est immense. Elle est aussi géniale que Melanie Lynskey, sa sœur d'adoption pour
le film. Grâce à Kate, la Juliet Hulme de "fiction" devient aussi complexe que
la vraie. Elle évolue, pique des fou-rires, des crises de larmes, des crises de
jalousie, se montre cruelle, gamine, orgueilleuse, déterminée, effrayée,
perdue.... sans que jamais l'actrice ne se révèle. Kate Winslet EST Juliet Hulme.
Il suffit de l'avoir entendu une seule fois dans sa vie prononcer des répliques
aussi cultes que "All the best people have bad chests and bone diseases, it's
all so frightfully romantic" ou "They sent me to these bloody islands for the
good of my health" pour avoir un aperçu de l'actrice parfaite. La performance de
Kate Winslet est à l'image du film : d'une richesse infinie. Bouleversante,
terrifiante, hilarante, vivante, désespérée, effrayante, irrésistible.... Kate
Winslet, pour son premier rôle, semble repousser les limites du jeu
cinématographique (de même pour Melanie Lynskey, leur "couple" étant bien plus
qu'extraordinaire). Heavenly Creatures est donc un début au sommet du sommet et
reste à ce jour le meilleur rôle et le meilleur film de Kate Winslet (et risque
de le rester encore longtemps).
 
Le tournage d'Heavenly Creatures se déroule en 1993. Peter
Jackson prenant presque un an pour peaufiner son chef-d'oeuvre. Kate Winslet
retourne en Angleterre pour cachetonner dans d'obscurs séries TV. La gloire
n'est pas encore arrivée, elle est en préparation.
En 1995, elle fait une très courte apparition dans le
consternant A Kid in King Arthur's Court. Elle y est magnifiquement belle, mais
le film est une comédie lourde pour ados et reste le seul véritable ratage de sa
filmographie. A voir mais à oublier assez vite.
1995 est aussi l'heure de la reconnaissance. Heavenly Creatures sort sur les
écrans et reçoit les louanges de la presse, tout en acquérant en quelques mois
le statut de film culte. Kate tourne sous la direction d'Ang Lee un beau film en
costumes : Sense et Sensibility. Dans cette comédie romantique, elle cottoie
Emma Thompson, Hugh Grant et Alan Rickman, et délivre une performance
éblouissante de naturel et de vie. Tellement éblouissante qu'elle lui vaut une
nomination à l'oscar du meilleur second rôle féminin. Pas mal pour ce qui est
seulement son second véritable rôle pour le grand écran.
En
1996 elle est la Sue Bridehead du Jude de Michael Winterbottom. Un rôle divin
pour un film inégal mais intéressant. Elle excelle dans ce personnage de femme
libre de la fin du 19e siècle qui se retrouve confrontée aux pires épreuves et
finie par sombrer dans la folie religieuse. Encore une fois toute l'étendue du
jeu de Kate Winslet est exposée. Passant du rire aux larmes avec une conviction
incroyable. Traduisant aussi bien la liberté que le désespoir, elle illumine ce
film froid et étouffant.

Toujours en 1996, un nouveau film en costume attend la "corset Kate". Hamlet de
Kenneth Branagh, le spécialiste Shakespearien de ces dernières années. Le film
est un monument fastueux de 4h au casting totalement hallucinant (certaines
stars n'apparaissant que quelques secondes). Mais Kate Winslet s'avère être
l'Ophélie parfaite. Evidemment, serais-je tenter d'ajouter. Qui d'autre mieux
qu'elle pourrait passer de la retenue d'une jeune fille de la bourgeoisie, à la
folie totale ? Elle est donc toujours aussi hallucinante, délivrant
l'interprétation définitive de ce personnage légendaire (inutile de rappeler que
Kate Winslet chante aussi divinement bien). De plus le film, mégalomaniaque mais
attachant, s'avère très réussi.
Après ce grand drame classique, Kate Winslet rejoint le tournage du film le plus
cher de l'histoire du cinéma : Titanic de James Cameron. Pas la peine de trop
s'étendre sur cette œuvre, tout le monde en a au moins entendu parler (et à peu
près tout le monde l'a vu). Que dire de la performance de Kate Winslet ? Elle
n'est pas du niveau d'Heavenly Creatures ou de Jude, mais cela est du au
schématisme volontaire des personnages. Néanmoins, Kate est franchement Sublime
et vole sans problème la vedette au souvent trop transparent Leonardo. Superbe
en bourgeoise coincée, elle l'est encore plus en femme d'action typiquement
cameronienne. Et oui, Kate s'est vraiment "mouillée" dans cette fresque
dantesque et historique (dans tous les sens du terme). De toute façon il suffit
qu'elle verse une larme pour que je sorte mon mouchoir, mais il suffit aussi
qu'elle sourit pour que je fasse de même. En clair je n'aurais sans doute pas
autant aimé Titanic si Kate n'avait pas été du voyage.
Titanic étant le succès que vous savez, Kate Winslet
devient un nom connu du grand public (tant mieux que cela soit pour un bon
film). Elle est nominée pour l'oscar de la meilleure actrice (Helen Hunt lui
sera préférée... on l'aime bien la petite Helen... mais bon... Kate is Kate). Et
devient la véritable Star qu'elle aurait du être dès Heavenly Creatures.

Depuis, Kate Winslet a achevé le tournage de Hideous Kinky de Gillies McKinnon,
un drame romantique banal. Ce film est sorti en France, sous le nom de Marrakech
Express et c'est effectivement un joli film romantique très mièvre mais agréable
grâce à la présence de madame Winslet (à voir en VO et juste pour elle).
Holy Smoke de Jane Campion, avec aussi Harvey Keitel et Pam Grier (casting
tarantinesque), ne va plus tarder à sortir. Les premières images et les premiers
échos font état d'une performance hallucinante de la part de Kate, ce qui est la
moindre des choses. Je ne ferais aucune remarque sur le (faux) problème de poids
de Kate, problème qui n'en est pas un et qui ne semble intéresser que ses
détracteurs (dont le haut niveau intellectuel les pousse à s'attaquer au
physique des personnes) et les midinettes. Kate Winslet est toujours l'une des
meilleures actrices du monde et ce qu'elle fait de sa vie privée ou de son
apparence physique n'est vraiment qu'une part infinitésimal de son aura. Si l'on
devait s'arrêter à des interviews superficielles ou à des futilités, on n'irait
pas bien loin dans le monde du cinéma.
Holy Smoke est sorti en novembre 1999. Après une seule vision
on a bien du mal à arrêter un avis raisonnable sur le film. Indéniablement il y
a des instants réussis et de belles images, mais il est clair aussi que la
seconde moitié du film frôle le ratage total. En bref, comme pour Marrakech
Express, il faut se concentrer sur Kate, toujours aussi hallucinante dans un
rôle un peu trop conventionnel (pour elle).
En 2000, Kate trouve un beau rôle dans Quills, malheureusement
une trop sage variation sur l'oeuvre et la vie du Marquis de Sade. Néanmoins, le
film possède certaines qualités visuelles et Kate Winslet y est à se damner.
 
En 2003, après s'être largement occupée de sa petite famille,
Kate Winslet revient avec un rôle fort dans l'inégal La Vie de David Gale d'Alan
Parker. Un film ambigu où elle demeure d'une beauté à couper le souffle.
En
2004, Kate Winslet retrouve toute sa grâce dans l'excellent Eternal Sunshine of
the Spotless Mind. Imaginez. Imaginez que vous êtes
amoureux. Imaginez que vous êtes fou amoureux. Qu'une relation toute nouvelle
enchante vos jours et illumine vos nuits. Et que là, soudain, vous vous
retrouviez, en solitaire, devant un film qui vous parle de toutes les douleurs,
de toutes les craintes liées à la fin d'une relation amoureuse. Paradoxale
expérience, s'il en est... Même s'il évoque aussi de petits et grands instants
de bonheur, Eternal Sunshine of the Spotless Mind est avant tout un film de
ruptures, de séparations. Et de souvenirs. Un mélodrame particulièrement
efficace, même si malheureusement souvent plombé par un énième script faussement
malin de Charlie Kaufman (Being John Malkovitch c'était déjà de sa faute).
Pourtant, par la grâce de l'excellente mise en scène de Gondry et le talent
décidément toujours aussi surprenant de Jim Carrey et de Kate Winslet, il est
très difficile de ne pas se laisser toucher par cette histoire déchirante.
Fin d'une relation, chacun essaie
littéralement d'effacer l'autre de sa mémoire. Oui mais... Veut-on vraiment
perdre ses souvenirs ? Les bons, comme les mauvais ? Et la vie ne se
construit-elle pas sur les expériences ? Bien sûr, répondront sans surprise
Carrey et Winslet au terme de leurs errances spirituelles. Eternal Sunshine of
the Spotless Mind ne nous apprend donc rien que nous ne sachions déjà, mais le
fait avec de beaux élans d'originalité et parfois une délicatesse désarmante.
Mais comme je le disais plus haut, le scénario cherche souvent à trop en faire
et sombre dans le démonstratif, voire le didactisme digne de cours de
psychologie peu enthousiasmants. C'est seulement lorsque Gondry cesse de vouloir
maîtriser son sujet et donne libre cours à la mélancolie de Jim Carrey et à la
folie de Kate Winslet que Eternal Sunshine nous serre le coeur. Mais je vous
aurai prévenu, si vous êtes un peu fleur bleue (et qui ne l'est pas ? Vous ? Pas
moi !), vous risquez de vous laisser prendre au piège et d'y verser quelques
larmes...

En 2004 encore, elle se retrouve en tête d'affiche aux côtés
de Johnny Depp dans le très classe Neverland. Dans cette biographie romancée de
l'auteur de Peter Pan, James Barrie, notre "corset Kate" est très juste et très
émouvante. Le film est une machine à Oscars, mais son classicisme et l'aspect
mélodramatique pleinement assumé peuvent nous conquérir à coup sûr. On pleure et
on est heureux de pleurer.
Elle s'amuse beaucoup dans un rôle truculent dans Romance and Cigarettes de John Turturro. Malheureusement à part son ébourrifant numéro musical en sous-vêtements au milieu du métrage, le film ne présente que peu d'intérêt.
Elle joue ensuite dans le remake des Fous du Roi, signé Steven Zaillan. Son apparition est secondaire et l'oeuvre n'est pas à la hauteur de l'original.
Kate brille à nouveau dans Little Children de Todd Field, ce qui lui vaut encore une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice. En femme au foyer délaissée, elle émeut et impressionne.
Comme récréation, elle s'offre un comédie romantique emballée par la spécialise du genre Nancy Meyers. Dans The Holiday, Kate vole la vedette à Cameron Diaz, grâce à une histoire plus nuancée et moins prévisible. Le film n'est guère inoubliable pour autant.
2009 est l'année Kate Winslet ! Avec deux grands films, elle triomphe (et fait même la une du Time). Les Noces Rebelles de son mari d'alors, Sam Mendes, la montre torturée et bouleversante. Elle retrouve Leonardo DiCaprio dans ce drame romantique cruel et d'une rare noirceur.

Mais c'est avec The Reader et dans la peau d'une ex-nazie brute et sensuelle que Kate obtient enfin la reconnaissance totale de sa profession. Golden Globes, Oscars, tout lui appartient. Il faut dire qu'elle se donne corps et âme dans ce magnifique drame, faussement classique, aussi ambigu qu'émouvant.

Kate Winslet s'est imposée comme l'actrice la plus douée de sa génération. J'ajouterais
qu'elle est aussi la plus belle, mais cela est purement subjectif et d'ailleurs
vous vous en fichez sans doute un peu. De son premier film à The Reader, Kate Winslet n'a fait que confirmer et affiner son talent. Le 21e
siècle lui appartient !


Amateurs de VF, vous rêviez d'entendre sa vraie voix ?
"All the best people have bad chests and bone
diseases, it's all frightfully romantic"
"Only the best people fight against all
obstacles... in pursuit of happiness"
Vous en voulez plus ? Un seul conseil :
achetez la BO d'Heavenly Creatures, Juliet's Aria étant les une minute douze
secondes de plaisir que tout fan se doit de posséder. |