
Le nom de John Carpenter reste associé pour les amateurs de Cinéma Fantastique à l'archétype du réalisateur de séries B qui sait délivrer des œuvres aussi bien ludiques, intelligentes, effrayantes et sans concession. Oui, John Carpenter est un Auteur de génie, mais un auteur sans prétention, un auteur qui aime œuvrer dans le genre qu'il affectionne, un auteur qui ne rêve ni d'Oscars, ni de consensus autour de sa personne. Certes parfois Carpenter aimerait récolter les fruits de son travail et ne pas être seulement plagié par à peu près tout le monde, mais son statut de cinéaste culte lui assure, pour encore très longtemps, une place d'honneur dans le cœur des cinéphiles.
John Carpenter apparaît pour la première fois sur les écrans en 1970 pour The Resurrection Of Bronco Billy, un court-métrage dénotant déjà l'admiration sans borne de Carpenter pour le western. Le film gagna l'oscar du Best Short Live Action Film en 1970. Et oui ! Carpenter est donc déjà allé à une cérémonie des Oscars ! Et en vainqueur en plus !
Dark Star (1974) : est le premier long-métrage de Carpenter mais
c'est avant tout son film de fin d'études. Co-écrit avec Dan O'Bannon (qui
"empruntera" pas mal d'aspects du film pour écrire Alien, premier photocopillage
de l'oeuvre de Carpenter, premier "emprunt" d'une longue longue longue série),
Darkstar est un film de SF qui avec le recul n'est pas loin d'être
révolutionnaire. Car si l'influence de 2001 est plus qu'évidente (et même celle
de Forbidden Planet), le film annonce grandement des œuvres comme Alien (donc),
Star Wars (mais si !) ou Outland. Très drôle et bourré de moments anthologiques
(et pas seulement la scène de chasse à l'Alien), Darkstar est un classique du
cinéma de SF.
Assault On Precinct 13 (1976) : est le premier long-métrage
"officiel" de Carpenter. Sur les bases du western, celui-ci réinvente le film de
siège. On sent l'influence du Romero de la Nuit des Morts-Vivants, mais
réciproquement Romero saura se souvenir de Assaut pour Dawn Of The Dead. Pour la
première fois Carpenter vise le suspens pur et c'est déjà un coup de maître. Car
le grand John peut mériter le titre de cinéaste le plus apte à créer l'épouvante
dans ses œuvres. Assaut est un film impressionnant, mille fois plus que
n'importe quel Tarantino (qui connaît lui aussi son Carpenter sur le bout des
doigts). Les assaillants sont renvoyés dans l'abstraction, l'attente prime sur
l'action, mais néanmoins la violence est parfois incroyable (on y descend une
fillette quand même). Aller, j'ose le terme, c'est un chef-d'oeuvre.
Someone Is Watching Me ! (1978) : ce téléfilm doit faire baver De Palma de rage. Car bien avant Blow Out, Body Double ou Snake Eyes, Carpenter avait réussi l'oeuvre que De Palma poursuit. Un film de voyeur minimaliste et angoissant au possible, malheureusement bien trop méconnu à cause de son statut d'oeuvre télévisuelle. Et pourtant c'est le Duel de Carpenter, un film qui se rit de son petit budget et en tire même des avantages pour enfoncer le clou de l'angoisse.
Halloween (1978) : peut-être le film le plus plagié du maître.
L'oeuvre qui (re)lança la mode des psycho-killers et tous les dérivés
nullissimes façon Vendredi 13. Et même, 20 ans après, ce grand comique de Wes
Craven ne se priva pas pour photocopier de manière guignolesque ce film pour
créer Scream. Ou comment un chef-d'oeuvre peut faire plus de mal que de bien au
cinéma qu'il défend. Car Halloween est un film extraordinaire, peut-être
l'oeuvre la mieux mise en scène de Carpenter. C'est une succession incroyable de
plans phénoménaux, de travellings effrayants, de cadrages impeccables, d'images
puissantes... Transporté par l'inoubliable musique de Carpenter himself (comme
d'habitude ou presque), Michael Myers brille par son inexistence même. Car
poursuivant son œuvre d'abstraction du mal, Carpenter ne laisse que rarement
entrevoir "The Shape", comme dans un rêve (ou plutôt un cauchemar), le tueur est
un fantôme qui joue avec les codes cinématographiques pour surgir ou disparaître
en défiant perpétuellement toutes les lois de la raison. Les personnages sont
stéréotypés à mort, l'histoire est très gnan-gnan, mais c'est d'une beauté et
d'une efficacité historiques.
Elvis (1979) : après avoir signé l'excellent scénario des Yeux de Laura Mars, Carpenter revient à la télévision pour signer cette bizarroïde biographie filmée d'Elvis Presley. C'est surtout l'occasion pour lui de rencontrer celui qui deviendra son acteur fétiche : Kurt Russell. A part cela, ce téléfilm se permet des instants vraiment dingues (en particulier dans les relations entre Elvis et sa mère), mais reste toujours aux frontières de l'ennui. Un film sans quasiment la moindre scène d'action, la plus étonnante des œuvres de son auteur.
The Fog (1980) : ou quand la musique fait tout. Imaginez Fog sans
la musique de Carpenter et vous réaliserez peut-être pourquoi ce film est moyen.
Histoire très classique au très fort potentiel : une vieille légende en forme de
conte effroyable, des fantômes mystérieux tragiques et cruels, l'idée géniale
mais dangereuse de faire du brouillard le personnage principal. Le résultat est
très décevant. Personnage inintéressants (Jamie Lee Curtis fait de la figuration
pure et simple), scènes de présentation trop longues, aucun climax (à part la
toute dernière image : anthologique !), copie de la Nuit des Morts-Vivants
vraiment trop voyante, à force d'être vaporeux les fantômes n'effraient plus. Il
reste à admirer une mise en scène toujours aussi phénoménale (c'est devenu
proverbial, les films de Carpenter sont les mieux réalisés du monde), des images
parfois magnifiques (toujours grâce au brouillard) et bien sûr cette musique
grandiose qui fait 90% du travail de suspens (comme dans Halloween, quoi).
Escape From New York (1981) : après l'éthéré et assez ennuyeux Fog,
Carpenter revient à l'action pure. Les premières visions du film ne peuvent
laisser qu'un léger sentiment de déception à nouveau. Escape From New York n'est
pas le film d'action suprême que l'on a bien voulu y voir. Il ne se passe pas
grand chose à New York en 1997. Là encore Carpenter failli sur des scènes
d'exposition trop longues et sur une accumulation de personnages très réussis
mais qui aurait mérités un développement bien plus fouillé. Mais il y a aussi un
très grand nombre d'aspects positifs qui s'apprécient avec le temps. Tout
d'abord Snake Plissken, bien sûr, anti-héros de pur western, figure mythique
comme on les adore, qui atteindra son apogée dans Escape From L.A., la suite
tardive mais largement supérieure à cette œuvre magnifique mais bien trop calme.
Il faut quand même noter que tous les acteurs sont au top niveau, que la fin est
géniale, que les trop rares scènes d'action sont excellentes, et que la mise en
scène est toujours aussi sublime.
The Thing (1982) : considéré par beaucoup comme le chef-d'oeuvre
de Carpenter (personnellement je le placerais aux côtés de Prince Of Darkness,
In The Mouth Of Madness et Assault), ce remake d'un classique du cinéma de SF
est un sommet de l'épouvante pure. Proche de la perfection, The Thing est
surtout une effroyable œuvre de paranoïa et de terreur organique. C'est en
quelque sorte un prolongement et un paroxysme d'Alien. Le semblable devient
l'ennemi, le monstre ne ressemble à rien sauf aux pires phobies de l'inconscient
humain. Les effets spéciaux de Rob Bottin touchent au sublime et demeurent
inégalés à ce jour. Lovecraft, dont la nouvelle Les Montagnes Hallucinées n'est
pas très éloignée de The Thing, n'aurait pas renié ces visions dantesques de
chairs en mutation et de créatures dégoulinantes ne cherchant que la survie par
tous les moyens. L'abstraction dans le démonstratif, l'une des plus grandes
réussites de John Carpenter. Beauté des décors immaculés, angoisse insoutenable,
fin très ouverte, musique de Morricone proche du génie, séquences anthologiques
s'enchaînant à toute vitesse. The Thing est un chef-d'oeuvre, cela ne fait pas
l'ombre d'un doute.
Christine (1983) : après le choc absolu de The Thing, il était
bien difficile de faire mieux. Et c'est sans doute cette comparaison directe qui
nuit le plus à Christine. Le roman de Stephen King est loin d'être une grande
réussite, et si le film de Carpenter fait un peu moins peur il est beaucoup plus
fin que l'insignifiante histoire de voiture hantée possessive du King. Chez
Carpenter, une nouvelle fois, le Mal est pure abstraction. Pas de fantôme sur le
siège arrière. Christine est mauvaise, un point c'est tout. Et cela fonctionne.
Les longueurs plombent le métrage, mais les scènes d'action sont toujours aussi
impressionnantes. Quelques images marquent, en particulier lorsque Christine se
"soigne" elle-même ou la dégénérescence puis la mort (très belle) du personnage
principal. Un classique qui mérite vraiment d'être redécouvert.
Starman (1984) : Carpenter accède au gros budget. Carpenter se
perd à Hollywood. Ni un chef-d'oeuvre, ni un plantage aussi complet que Dune le
fut pour Lynch, Starman est un bon film et même bien souvent un beau film.
Certes après Halloween et The Thing, il est un peu difficile d'apprécier cette
copie (en plus intelligente quand même) de E.T. de la part de Carpenter. Pour
bien saisir la portée du film il suffit de le comparer avec la production
hollywoodienne habituelle, et oui, c'est une grande réussite en fait, même si
Carpenter a quand même vendu son âme au diable (pas pour longtemps). A
redécouvrir, aussi.
Big Trouble In Little China (1986) : seconde chance à Hollywood
pour Carpenter, qui emmène Kurt Russell avec lui. Cette fois c'est clair,
Carpenter ne se laissera plus avoir. En avance de 10 ans sur tout le monde il
s'inspire des merveilles de Tsui Hark (en particulier et évidemment, Zu), et
délivre avec Jack Burton sa seule véritable comédie burlesque. C'est du
n'importe quoi et à très haute dose. Tout le monde, des néophytes aux fans en
passant par les producteurs, en attrape une syncope. Au final c'est l'une des
œuvres les plus réjouissantes et les plus agréables à revoir de Carpenter.
Russell est hilarant, les monstres sont dingues, les combats le sont encore plus
(dingues ET hilarants), ça part dans tous les sens dans un délire visuel très
kitsch mais toujours divinement mis en image. Carpenter venait de réussir le
film que Tsui Hark ne parvient toujours pas à mettre en scène aux USA. Un grand
film asiatique à Hollywood, une perle.
Prince Of Darkness (1987) : Jack Burton est bien sûr un immense
bide. Carpenter n'apprécie pas vraiment et va se venger en nous imposant la
vision de l'un des films les plus terrifiants de l'histoire du cinéma (à la
droite des Innocents). L'un des ses plus grands chefs-d'oeuvre. Budget
minuscule, acteurs venus en bons copains (dont le regretté et génial Donald
Pleasance), huis-clos minimaliste, sérieux à toute épreuve, ambition, idées de
mise en scène toujours plus grandioses, scénario d'une efficacité qui fait peur
(qui fait VRAIMENT peur !), musique omniprésente et phénoménale. L'archétype du
film d'épouvante, sa perfection aussi. On se souviendra pour toujours de cette
main diabolique traversant lentement le miroir.
They Live (1988) : Carpenter poursuit dans sa veine sans
concession et signe son plus grand film "politique", un important film "de
gauche" qui s'attaque tout autant à la décennie Reagan qu'aux médias ou à la
passivité du peuple américain. "We Sleep, They Live" demeure le grand symbole de
ce film d'action enthousiasmant, passionnant, cruel et grandiose, qui finalement
fait lui aussi partie des plus grandes réussites de Carpenter. En deux films
Carpenter venait de dynamiter tous les genres de la série B. Chose qui allait se
reproduire par la suite, toujours au bon moment.
Memoirs Of An Invisible Man (1992) : Carpenter revient à Hollywood
après une longue traversée du désert. Une nouvelle chance de donner son âme au
commerce qui se transforme en nouvelle occasion de faire un film dingue. Un
mélodrame de science-fiction. C'est drôle et sombre tout à la fois, c'est
dérangeant et ludique, il y a de l'action et même de l'émotion, ce n'est pas si
loin de Starman mais c'est encore plus réussi. Un film mineur et pourtant
important.
Body Bags (1993) : pour la télévision et entouré de gens comme Wes
Craven, Carpenter fait l'acteur burlesque et en profite pour mettre en scène
deux des trois segments de cette anthologie inégale. Malheureusement les deux
sketchs carpenteriens sont les plus faibles. Gas Station est une très très
classique et conventionnelle histoire de serial-killer, de huis-clos et de
paranoïa. Une sorte de Reader's Digest de l'oeuvre du maître. Hair vise
directement le comique avec cette histoire d'envahisseurs agissant sous la forme
d'implants capillaires, c'est amusant mais trop long.
In The Mouth Of Madness (1994) : depuis They Live, Carpenter n'est
plus ce qu'il était, les années 90 sont pour l'instant une longue traversée du
désert pour le maître de l'épouvante et du fantastique. Après le bide immérité
de l'homme invisible, Carpenter nous refait le coup de Prince Of Darkness. Petit
budget, liberté totale, résultat : peut-être son plus grand film. L'Antre de la
Folie est aussi l'un des meilleurs films Fantastique pur et dur de la décennie
(aux côtés de Candyman). Et d'ailleurs comme Candyman, le film s'interroge sur
l'origine des mythes. Cela donne le meilleur hommage cinématographique à
Lovecraft, filmé à ce jour. De l'épouvante abstraite et pourtant très visuelle
qui impressionne à tout instant. Un scénario d'une grande intelligence, des
personnages plus fouillés que d'habitude, des scènes phénoménales, des décors de
toute beauté, une musique de folie. Et bien sûr la mise en scène dont je ne sais
plus trop quoi dire tant elle est parfaite. Un chef-d'oeuvre, déjà un film
culte, bientôt une référence incontournable.
Village Of The Damned (1995) : rude tâche que celle de ce film. Il
succède dans la filmographie de Carpenter à l'une de ses plus grandes réussites
et c'est le remake d'un Chef-d'Oeuvre du fantastique de Wolf Rilla. Et c'est un
échec. Pas un ratage total, les images sont toujours aussi belles et les acteurs
sont grandioses. Mais en comparaison de l'original, le remake ne tient pas la
route. Moins abstrait (un comble !), moins sombre, moins fort, le film ne
fonctionne vraiment que par instant. Surtout que Carpenter n'hésite pas à
reprendre des scènes entières du film original (dont la confrontation finale,
évidemment géniale). On peut d'ailleurs déplorer une fin légèrement modifiée et
nettement moins sombre que celle du film de Rilla. Un hommage sincère mais
moyen.
Escape From L.A. (1996) : avec un budget de série Z, Carpenter va
devoir donner une suite à l'un de ses films les plus cultes et un grand
spectacle. Coup de maître ! Ce quasi remake est très nettement supérieur à
l'original ! Peut-être le meilleur film d'action de Carpenter. Il se passe
toujours quelque chose, on ne s'ennuie jamais, visuellement c'est gigantesque,
c'est ludique au possible. Kurt Russell rend son personnage encore plus mythique
et réjouissant, l'ensemble annonce Vampires, l'ironie est partout, les acteurs
sont grandioses, on s'amuse comme c'est pas permis et en plus on se paye une
bonne tranche de nostalgie. C'est un film méchant, tout aussi politique que They
Live, la fin est géniale, tout fonctionne à merveille. On y voit même Pam Grier
et Peter Fonda, non, c'est clair, c'est l'extase du cinoche, bientôt un film
encore plus culte que le premier.
Vampires (1998) : une réussite au niveau du film précédent. Une
série B sans prétention et enthousiasmante du début à la fin. James Woods est
phénoménal et hilarant. Certes les vampires auraient pu être plus présent et
plus développés, mais petit budget oblige, Carpenter fait au maximum et cela
fonctionne à merveille. Sheryl Lee est toujours à se damner, la musique est
presque aussi ironique que les situations, le scénario est malin, on a parfois
vraiment peur comme à la bonne époque, visuellement c'est beau, c'est très très
beau. C'est le panard absolu.

On avait l'habitude que John Carpenter nous offre LA série B de l'année. Et bien pour 2001 et pour ce qui est peut-être (mais on croise les doigts très fort) son dernier film, il nous a offert LA série Z de l'année. Prince des Ténèbres a coûté 3 millions de dollars, Ghosts Of Mars en a coûté 30. Cherchez l'erreur... Car le dernier opus de Big John est fauché comme les blés. Il semblerait que tout l'argent soit parti dans la peinture du canyon. Tout s'explique. Autre problème ? Le manque d'enjeux dramatiques. C'est d'ailleurs totalement dramatique ce manque de drame. Les méchants n'ont aucun charisme. Big Daddy Mars n'existe pas. Les seconds rôles sont quasi muets (mention très spéciale pour la mort de ces seconds couteaux, plus expéditif on ne peut pas). Les premiers rôles ne vont pas beaucoup plus loin. Natasha Henstridge ne joue pas si mal (et surtout Carpenter ne profite pas trop de son physique abusif) et Ice Cube (lui aussi moins brillant que dans les Rois du Désert) est hilarant du début à la fin ("What da ya fuckin' want motherfuckin' son of a bitch !"). Le film réserve son lot de scènes très très jouissives (toutes les bastons en fait). Mais Carpenter le confirme une énième fois, à l'exception de quelques instants fugitifs, il n'est pas doué pour les scènes d'action (non, non, ce n'est pas une hérésie, revoyez tous ses films si vous ne me croyez pas, Carpenter est un Dieu de la construction dramatique, mais pour ce qui est de tenir les rênes d'une longue séquence d'action, bah, non, vraiment non). Bien sûr il y a des exceptions à la règle (la baston entre les deux héros de They Live, une bonne partie de Vampires...). Mais malheureusement, Ghosts Of Mars ne tient qu'à l'action et pas suffisamment à la trouille. De la part du cinéaste le plus flippant de l'histoire du cinéma, c'est bien triste. Pas le moindre frisson ou presque dans GOM (on dirait le club Med ce sigle). Il reste le bonheur de voir Ice Cube foncer sur les zombies avec un uzi dans chaque main et la frustration de voir le générique de fin arriver quand le film devrait commencer. Bien bonnard quand même, hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Mais à des années lumières de l'Antre de la Folie.
Liens :
John Carpenter (en français)
Mon top 5 John Carpenter
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