DEAD MAN'S PARTY

1985
Le plus célèbre des albums d'Oingo Boingo et son plus gros succès commercial (hors compilation). Une célébrité justifiée car Dead Man's Party est un excellent disque qui poursuit la réussite de Good For Your Soul en affinant nettement le son. Les chansons sont plus longues, les textes d'Elfman sont fabuleux, mais surtout ce sont enfin Bartek et Elfman qui s'occupent conjointement de la production et cela s'entend. L'album a d'ailleurs très bien vieilli et les néophytes en matière de Boingo pourront se précipiter sur lui pour faire leurs premiers pas dans l'univers du groupe. A l'inverse du génial Boingo, Dead Man's Party reste profondément ancré dans le style habituel du groupe. Les cuivres sont très présents, la batterie cogne fort, la guitare est souvent mixée un peu trop en retrait, mais la qualité mélodique totalement extraordinaire des neuf morceaux de Dead Man's Party transcende les points faibles habituels du groupe.
Just Another Day est une ouverture de toute beauté et l'on sait qu'Elfman sait fort bien entamer ses uvres. Just Another Day ne déroge pas aux habitudes. Les paroles sont sombres juste comme il faut, la musique est plus lyrique que d'habitude et annonce la suite de l'album. Une très impressionnante réussite.
Dead Man's Party est l'une des plus célèbres chansons du groupe. Et c'est amplement justifié. Le macabre est poussé à son sommet dans cette longue uvre en forme de carte de visite. On adore dès la première écoute ce Dead Man's Party qui explose sans temps mort et sans lassitude. La chanson apparaît dans le film Back To School (la BO étant d'ailleurs de Danny Elfman).
Heard Somebody Cry semble sortie de Good For Your Soul mais la production transcende cette superbe chanson. Refrain accrocheur, cuivres et guitare en pleine complémentarité, réjouissant.
No One Lives Forever est un chef-d'oeuvre. Encore une profession de foi de la part d'Elfman et de son groupe. On dirait un morceau de The Nightmare Before Christmas. Puissance sonore, voix tétanisante du grand Danny, mélodie imparable, refrain anthologique, une perle entre macabre et délire ; tout Oingo Boingo en une seule chanson. Détail amusant on peut entendre cette perle dans Texas Chainsaw Massacre 2, la comédie gore de Tobe Hooper.
Stay est encore une pure merveille. Un morceau sensible et transcendé par des harmonies magiques. Le refrain est vraiment magnifique. Elfman fait encore des prodiges avec sa voix. Une féerie.
Fool's Paradise est un rock solide qui rappelle encore certains moments de Good For Your Soul, là encore le travail de production fait la différence. Moins métallique, moins froid, plus nuancé, le son fait ressortir à merveille les harmonies vocales qui culminent sur un impressionnant refrain bourré d'ironie.
Help Me est une excellente chanson qui annonce le futur du groupe, en particulier Dark At The End Of The Tunnel dont on retrouve les accents de rock FM épique. L'accélération du refrain enthousiasme juste comme il faut.
Same Man I Was Before est un morceau sautillant qui pourrait à merveille symboliser ce que la Pop du milieu des 80's pouvait produire de meilleur. Le refrain est grandiose et tout cela est très amusant.
Weird Science, la chanson la plus célèbre du groupe, son plus grand tube. Une épopée science-fictionnelle que Tim Burton a dû adorer. Comme souvent les paroles d'Elfman semblent anticiper les futurs films de Burton, étonnant. Le morceau en lui-même, malgré sa durée, est un vrai tube en puissance (ce qu'il fut dans les faits, d'ailleurs). De la techno-pop qui lamine la concurrence sans regarder dans le rétroviseur. Impeccable.
En conclusion, Dead Man's Party est un excellent album, chaudement recommandé à tous ceux qui ne connaissent pas Oingo Boingo. Il n'y a rien à jeter, 9 chansons pour la plupart proches de la perfection. Un album pas trop long qui se présente comme une bonne introduction au monde de Danny Elfman. Que ce soit au niveau des textes que de la musique, Dead Man's Party est l'acme d'Oingo Boingo. Et si Boingo, l'ultime album du groupe, transformera le son pour créer un univers plus "adulte" et plus impressionnant, c'est dans cette uvre de 1985 qu'il faut chercher l'essence des Mystic Knights Of Oingo Boingo. Un disque cartoonesque et macabre, le Beetlejuice de la musique pop.