Pour retrouver l'intégralité du classement de fin d'année, avec aussi les chansons et le métal, en cliquant sur l'image ci-dessus.


Jessica Pratt - Quiet Signs

Quatre ans pour composer et enregistrer à peine plus de 27 minutes de musique. Quiet Signs est encore plus court que Pink Moon. Et c'est un nouveau modèle de l'album de folk concis, dans lequel chaque seconde compte. Toutes les notes, tous les silences, tout semble pesé avec un soin méticuleux, mais jamais ostentatoire. C'est un disque très doux, très discret, d'une grâce infinie, parfait de bout en bout.


Desperate Journalist - In Search of the Miraculous

Dans le genre rock britannique à l'ancienne, Desperate Journalist confirme son statut de nouvelle tête de file avec un troisième album proche du chef-d’œuvre. C'est à la fois très simple (guitares, batterie, basse, voix, des couplets et des refrains), mais quels couplets et QUELS REFRAINS (pardon, j'ai crié, l'enthousiasme était irrépressible). Le genre de disques qu'on écoute trois fois et qu'on a ensuite en tête pendant des jours (oui, ça peut être une bonne chose, quand ce sont des REFRAINS de cette qualité).


Billie Eilish - When We All Fall Asleep, Where Do We Go?

C'est le phénomène musical de ce début 2019, avec le son qui résume idéalement l'époque : de la pop gothique murmurée, enrobée d'infrabasses spectrales. Une sorte de cauchemar sucré, la maison hantée de Disneyland, mais où les monstres seraient bien réels. C'est très adolescent dans ce qui est raconté, avec des provocs et des postures qui auraient pu changer notre vie quand on avait 16 ans. Ce qui tombe plutôt bien, car Billie Eilish n'a que 17 ans... Vous pouvez ne pas accrocher à cette musique du futur, mais écoutez-là sans préjugé, vous risquez d'être séduit.


Spellling - Mazy Fly

Comment vous expliquer Spellling (avec trois L, pour le gag) ? C'est compliqué. Essayez d'écouter une chanson, ça va vous donner une petite idée. C'est... étrange. A la fois vaguement familier et complètement extra-terrestre. C'est léger, un peu inquiétant, infiniment bizarre, vraiment unique et, au final, par surprise, très émouvant.


Sunn O))) - Life Metal

C’est du drone metal, j’appelle ça de l’ambient metal, bref, peu importe. La surprise c’est que les oripeaux du black metal, qui recouvraient la majorité des œuvres précédentes du groupe, ont été remisés au profit d’un habit plus léger qui laisse filtrer la lumière. C’est renversant de beauté.


Jenny Lewis - On The Line

Avec son meilleur album en solo, Jenny Lewis ne révolutionne rien, mais offre un recueil de chansons imparables, follement accrocheuses et attachantes.


Stella Donnelly - Beware of the Dogs

Très très bon indie rock féminin, hyper acerbe, débordant de personnalité.


Waste of Space Orchestra - Syntheosis

Bon, on va pas se le cacher, ça a beau être strident de partout, avec des voix qui font peur et des passages qui donnent la sensation de se faire compresser et désintégrer par un trou noir, c’est du rock progressif. Y a un petit côté metal, quand même. Après tout, Oranssi Pazuzu, qui forme la moitié de ce supergroupe finlandais, ils viennent du black metal. Mais c’est avant tout un album conceptuel, né sur scène, à écouter d’un bout à l’autre, sans pause ; comme un formidable voyage psychédélique, vers l’infini et au-delà.


Jens Lekman & Annika Norlin - Correspondence

Le crossover de 2019, tous médias confondus, c’est bien sûr la sortie officielle et "mise en forme" des échanges épistolaires et musicaux de Jens Lekman et de Annika Norlin (Hello Saferide). Une collection de chansons ultra sophistiquées, avec des histoires personnelles, drôles, émouvantes. C'est unique, à l'image des deux compositeurs, parmi les plus talentueux de notre époque.


Eerie Wanda – Pet Town

Des ritournelles de chamber pop, en miniatures, faussement mignonnes. C’est adorable.


Inter Arma - Sulphur English

Celui-là est à réserver à ceux qui aiment leur metal exigeant, avec de gros rythmes complexes et des ambiances bien lourdes, bien denses. Le genre d'albums qui semblent impénétrables au premier abord et qui ne cessent de hanter jusqu'à ce qu'on n'arrive plus à écouter autre chose pendant des jours.


Nilüfer Yanya - Miss Universe

Sur ce premier album, la chanteuse touche à un peu tous les genres, de l'indie rock au r'n'b en passant par la synthpop, c'est passionnant.


Wormwitch - Heaven That Dwells Within

Du gros black metal à l'ancienne, avec des éléments de heavy metal pour adoucir le mélange. On ajoute un son monstrueux et on obtient le grand disque défouloir de ce début d'année.


Kelsey Lu - Blood

Etonnant album que le deuxième opus de Kelsey Lu qui offre un panorama musical très éclectique.


Weyes Blood - Titanic Rising

C'est un très grand disque de pop distinguée. Weyes Blood semble avoir scruté chaque décennie depuis les années 60 pour en rapporter les éléments musicaux les plus marquants. Ce n'est pas un juke-box nostalgique, car presque tout ici semble nouveau, malgré les inspirations mises en avant. Un tour de force.


The Twilight Sad - It Won/t Be Like This All the Time

Encore du rock à l'ancienne avec une touche électronique discrète. Survivants des grandes heures épiques du milieu des années 2000, The Twilight Sad demeure une valeur sûre.


Rose Elinor Dougall - A New Illusion

La chamber pop de Rose Elinor Dougall n'a jamais été aussi complexe. Moins facile d'approche que les deux albums précédents, mais toujours la classe incarnée.


Lady Lamb - Even in the Tremor

Avec Lady Lamb c'est toujours la garantie d'une émotion à fleur de peau et de chansons magistrales aux paroles débordantes de détails.


Martha - Love Keeps Kicking

Du bon vieux punk rock, un peu pop mais pas simpliste, c'est un délice.


Aldous Harding – Designer

Encore une chanteuse sophistiquée, que voulez-vous ? Ici, on adore ça.


PUP - Morbid Stuff

Ah, encore du punk rock, plus énervé que celui de Martha, très accrocheur aussi.


Fennesz - Agora

Le roi de l'ambient qui "glitche" est de retour avec un disque "back to basics". Si vous ne connaissez pas, tentez l'écoute, ça sera peut-être une révélation.


Teeth of the Sea – Wraith

Du grand post-rock instrumental.


Nivhek – After its own death / Walking in a Spiral Towards the House

Il s'agit de Grouper, sous un nom d'emprunt, et une sorte de double album d'ambient spectrale envoûtante, comme d'habitude. Attention, c'est toujours magnifique.


Deerhunter - Why Hasn't Everything Already Disappeared?

Et pour finir cette petite sélection, dans laquelle il manque sûrement tous vos disques préférés du moment, un groupe qui fut, il n'y a pas si longtemps, sur toutes les lèvres. Aujourd'hui, Deerhunter est respecté mais ne fait plus de vagues. L'âge de la maturité, comme on dit, celui des notables de l'indie rock. Et bien, vous savez quoi ? Je l'aime beaucoup le Deerhunter de 2019, car les chansons, ma foi, sont excellente. Et c'est bien là l'essentiel.


Charly Bliss - Young Enough

Mes disques favoris ne tiennent parfois qu'à des choses faussement simples. L'exemple parfait serait Young Enough du groupe Charly Bliss. Un des rares albums, parmi les milliers et les milliers que j'ai pu écouter dans mon existence, dont j'aime absolument toutes les chansons. Rien de révolutionnaire, aucune originalité qui viendrait bouleverser l'histoire de la musique. Non. Juste des chansons avec des refrains et des mélodies que des groupes très célèbres et célébrés n'ont jamais approchés. Et tout ça avec l'énergie de la pop la plus évidente. Le petit plus, si tant est qu'il y en avait besoin, c'est le propos : personnel, intime, sincère, puissant, cathartique. Si rien n'est parfait en ce monde, Young Enough n'en est pas loin. Immense disque.


Cate Le Bon - Reward

Affinant sa recette de chansons dissonantes et bricolées, Cate Le Bon est arrivée à son apothéose (provisoire) avec Reward. C'est follement original et pourtant si facile à écouter, si accrocheur. Ces chansons réinventent la pop music, l'air de rien, comme ça, entre deux surprises et trois mélodies mutantes.


Lana Del Rey - Norman Fucking Rockwell!

C'est le disque dont je ne doutais plus que Lana Del Rey avait en elle. En fait, ceux qui pensent que c'était inattendu n'ont jamais écouté Ultraviolence, album tout aussi bon que celui-ci. Plus mâture, plus accompli, avec des refrains encore plus marquants, NFR est un admirable bout d'époque, totalement en marge de son époque. Et surtout, plus évidente que jamais, il y a l'émotion. Des petites pensées délicates qui viennent pirater l'image bien lissée de LDR. Du grand cinéma musical.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
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