BOINGO ALIVE

 

Boingo Alive disque 1             Boingo Alive disque 2

1988

 

        Mettons tout de suite les choses au point : ce double live N'EST PAS UN LIVE ! Voilà, ça peut paraître bizarre mais c'est ainsi. Sur la pochette on peut lire : Boingo Alive, Celebration Of A Decade 1979-1988, All New Recordings (bon ça c'est écrit en plus petit). A l'intérieur du coffret, dans les pochettes, on voit des photos du groupe en concert. Bon tout cela sent le live à plein nez quand même. Et bien non ! Il n'y a pas de public dans Boingo Alive, il n'y a pas de son pourri dans Boingo Alive, c'est en fait un réenregistrement des grands classiques du groupe "en condition live". En clair les morceaux sont plus rapides, un peu différents par moment (mais pas des masses), le son est moins bon que sur les albums et il y a quelques inédits ou raretés pour obliger le fan à acquérir l'onéreux double objet. En tout cas, c'est clair, Boingo Alive ne s'adresse qu'aux fans (ou aux courageux qui penseront découvrir une intégrale, ce qui est un peu vrai). Mais je trouve les versions Alive quand même moins bonnes que les versions originales (à quelques exceptions près) et pour ce qui est du "vrai" live, Farewell s'impose nettement plus.

        Néanmoins nous avons à faire à deux disques intéressants (mais là je ne m'adresse qu'aux fans). D'une part parce que le choix des morceaux est relativement bien vus (on regrettera quand même le trop petit nombre d'extraits de Good For Your Soul et notamment l'absence (comme d'habitude) de Fill The Void ou de Pictures Of You). Sinon, voyons quand même dans le détail ce que cela donne (rapidement).

 

        Dead Man's Party, THE tube du groupe, ouvre logiquement les hostilités, version impeccable, très énergique, très agréable. Déjà on peut noter que les versions Alive se caractérisent par un écho démesuré et parfois un peu redondant. Dead Or Alive enchaîne, bonne version mais qui n'apporte pas grand chose à l'originale, si ce n'est de la vitesse et de l'écho, impeccablement sautillant. No Spill Blood se fait encore plus martial, pas mal mais là encore les différences sont mineures (quelques effets sonores, quelques larsens). Stay perd en finesse ce qu'elle gagne en rock'n'roll, sinon c'est quasiment la même version que sur l'album. Cinderella Undercover est une chanson rare du groupe et pourtant l'une de ses meilleures, bon ben la version est géniale et peut justifier l'achat de Boingo Alive (j'exagère mais c'est presque ça). Home Again, est plutôt bien revisité, même si la production "Alive" l'amoindrit assez considérablement. Help Me ne change pas, bonne version, sans éclat. Just Another Day est accéléré et ça lui va bien (mais tout cela n'est notable que si l'on connaît déjà bien les versions originales). Le principal plaisir de ces versions, c'est que la guitare de Bartek est enfin bien mise en valeur (voir même un peu trop omniprésente comme c'est le cas sur cette chanson). Only Makes Me Laugh, provenant de l'album "solo" de Danny Elfman, c'est une officialisation de ce So-Lo dans la discographie du groupe. Très bonne chanson ska à l'origine, Only Makes Me Laugh passe fort bien en Alive. My Life ne gagne pas grand chose dans l'opération de remake. Nothing To Fear (But Fear Itself) dégage toujours autant, la version Alive mise comme souvent tout dans le matraquage sonore, quitte à reléguer le principal (la voix d'Elfman) un peu trop au second plan. Ici c'est flagrant, la batterie de mister Vatos se taille la part du lion. Not My Slave est dynamisé jusqu'à l'outrance, les petits problèmes de production ressortent assez nettement (batterie casse-tête, guitare sur-mixée, voix en retrait), agréable quand on est fan de la chanson. We Close Our Eyes est le type même de chanson difficile à faire passer en live, le risque de noyer la magie dans l'urgence est plus que conséquent, le Boingo s'en sort plutôt bien, mais la version album reste indétronable. Elevator Man achève la série de chansons Boi-ngo avec un certain panache, n'étant pas extrêmement fan de la chanson originale, la version Alive ne m'a pas transporté plus que cela. Return Of The Dead Man est un court instrumental "inédit" en forme de variation sur ce grand classique du groupe. Et achève en douceur le premier disque.

       

        Le deuxième disque débute sur Winning Side, un titre rare du groupe, qui s'avère d'une redoutable efficacité. Puis c'est un festival de l'album Nothing To Fear. Wild Sex est primesautier juste comme il faut. Grey Matter passe bien en Alive même si encore une fois la rythmique vient tout assommer sur son passage, en tout cas cet excellent morceau sonne bien plus "rock" que sur l'album. Private Life s'en sort tout aussi bien. Gratitude autre extrait de So-Lo ne gagne pas grand chose en version Alive, la version album, plus kitsch, reste la référence. No One Lives Forever, phénoménale chanson, se paye le luxe d'une grandiose version Alive, moins fine certes, mais encore plus dynamique et efficace, il est d'autant plus dommage que la voix de Elfman soit si mal mixée. Mama, chanson bonus sur Boi-ngo, ne s'avère pas extraordinaire en "live". Capitalism, le virulent sketch du premier album du groupe, trouve une nouvelle agressivité en Alive, pas mal. Who Do You Want To Be, chef-d'œuvre absolu, est toujours totalement tétanisante en concert, c'est évidemment le cas ici. Là encore cette version pourrait à elle seule justifier l'achat du coffret. C'est du punk, plein de cuivres et de claviers, qui déménage comme c'est pas permis. Il faut s'accrocher pour suivre. Sweat est expédié sur les chapeaux de roues, c'est clair le Boingo Alive vaut en priorité pour les versions des chansons de Good For Your Soul (logique...). Franchement impressionnant et décapant (même peut-être un peu trop épileptique). Violent Love, autre chanson rare du groupe, brille par un joyeux dynamisme. On The Outside, un des classiques du premier album, se paye une bonne accélération aussi, fort agréable, même si les nuances sont mises de côté au bénéfice d'une efficacité rentre-dedans. La nouvelle version d'Only A Lad se devait d'être grandiose, elle l'est, moins qu'on aurait pu l'imaginer, mais bien dynamitante quand même. Le refrain est toujours aussi démentiel. Goodbye-Goodbye, une face B, amène vers la conclusion avec un certain panache, une sorte de country de bourrins. En parlant de country, le premier bonus, une version country de Sweat, si elle est amusante pendant deux minutes devient franchement laborieuse durant les trois suivantes. Le riff de Bartek en version country est rapidement horripilant, un comble. Return Of The Dead Man 2 est encore un instrumental en variation sur la chanson Dead Man's Party, comme un générique de fin de luxe.

 

        En clair, ce double vrai-faux live s'adresse en particulier aux fans et les novices risquent d'être rapidement dégoutté par la production très particulière qui uniformise grandement tous les morceaux. Pour apprécier les nouvelles versions à leur juste valeur il faut déjà connaître les points forts des versions originales, pouvoir apprécier les différences (ou les critiquer), pouvoir apprécier les liftings (parfois outrancier) de certains grands classiques. Un double Alive qui de toute façon, à l'origine, devait occuper le terrain durant la première pré-retraite du groupe.

 

 

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