Janvier 2003

        Pas la peine de résumer le concept, hein, les enfants, mais je le fais quand même au cas où. Je vais vous parler des clips que j'ai pu voir à la TV, sur le net, un peu partout. Mais aussi des singles que j'ai pu entendre, sur des compils, à la radio, sur le net, un peu partout. Voilà, comme ça, on a tout ce qui faut pour s'amuser. Et nous allons tout de suite débuter par l'événement de la saison.

 

- Tatu : All The Things She Said

        Elle sont jeunes, elles sont russes, elles sont lesbiennes. Dans leur clip, elles nous apparaissent comme des photos amateurs pédophiles animées. La musique dans tout ça ? Mais comment osez-vous une seule seconde penser à la musique face à un concept aussi formidable ! Pédophilie + lesbiennes + pays de l'est + petites écolières + trash + trash + trash = money, money, money ! Ah c'est pas tous les jours qu'on s'amuse autant dans le monde de la musique pop ! A côté des petites terreurs de Tatu, Kylie, Madonna, Britney, Shakira, Sophie et tous les autres ne sont que des loutres frigides. La première écoute de leur single All The Things She Said m'avait déçu. Les suivantes m'ont ouvert les yeux. Nous sommes tous des lesbiennes russes barely legal.

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        Mais les choses ne s'arrêtent pas là ! Car c'est ce grand malade de Trevor Horn (producteur, voire compositeur, pour autant de groupes monstres des années 80 tels que Buggles, ABC, Frankie Goes To Hollywood, Propaganda, The Art Of Noise, n'en jetez plus !), qui se cache derrière le lancement international de la chose. Alors, Tatu seront-elles aux lesbiennes ce que Frankie Goes To Hollywood furent aux Gays ? Un grand défouloire à la limite de la démarche situationniste (mais alors sacrément rentable la démarche, hein) ?? En tout cas, à l'écoute de l'album, oui, j'ai écouté l'album, forcément. Donc, je disais, à l'écoute de l'album, c'est sûr, ça va cartonner. C'est plein de rythmiques pachydermiques, de gimmicks efficaces, de cris adolescents et de murmures humides. Et puis c'est engagé Tatu, voyez-vous. Il suffit de les entendre hurler à s'en décrocher les cordes vocales le terrifiant "They not gonna get UUUUUUSSSSSS !" ou pleurnicher le joli "30 Minutes", c'est du féminisme militant ça. Tatu c'est surtout un concept qui se moque du bon goût, et aussi du mauvais, et qui fonce droit devant lui sans se poser la moindre question. Cet album est une réussite et presque un pavé dans la marre de la pop grand public actuelle. Vous pouvez même y jeter une oreille si ça vous amuse. Par contre si vous êtes allergiques aux voix très aiguës, mais alors très très aiguës, vous risquez de souffrir. Et si vous êtes allergiques à Oops I Did It Again, vous allez sauter par la fenêtre dès le premier morceau. Bon, tout ça, c'était pour ceux qui s'intéressent à la musique.

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        Les autres, bah, on pourrait se mettre plein de photos, là, juste pour le plaisir. Les filles de Tatu ne sont pas des mannequins repentis à la Sophie Ellis-Bextor. Ce qui renforce encore plus l'aspect : clichés amateurs trouvés sur un newsgroup. Dernier détail croustillant, la reprise du How Soon Is Now des Smiths, presque aussi marrante que l'originale. Mais n'allez pas croire que les Tatu sont fans du Moz, non, non, How Soon Is Now est surtout aujourd'hui connue pour être le générique de la série... Charmed. Quand je vous disais que c'était formidable, Tatu ! Mais bon, on ne va décidément pas se laisser déconcentrer par la musique et on va quand même s'offrir une série de photos. Parce que c'est pas tous les jours qu'on peut étaler ce genre de choses sur un site internet en toute tranquillité. Toutes ces images sont vraies, hein, sinon, ce ne serait pas drôle. En tout cas, je crois qu'on n'a pas fini d'en entendre parler. 

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streets-mug.jpg (23233 octets)    The Streets : Don't Mug Yourself

        Difficile de passer après Tatu, tant tout le reste paraît bien banal. Alors on va demander aux premiers de la classe de montrer le bon exemple. Mike Skinner et ses Streets font revivre les grandes heures de Trainspotting avec ce single tout simplement parfait. C'est drôle, frais, court, efficace à tomber par terre et même musicalement novateur. Cela pourrait paraître anodin face aux morceaux plus engagés de Original Pirate Material, et bien pas du tout. Ce Don't Mug Yourself est l'un des 3 ou 4 sommets de l'album de l'année de tout plein de monde. Clip bien poilant pour aller avec. Ah tiens, on me fait signe que Danny Boyle sort un nouveau film en 2003. Bon bah on va se remettre à écouter Parklife, Dummy, Definitely Maybe, The Holy Bible et Different Class. Mais on n'avait jamais cessé d'écouter Different Class, il faut dire.

0302_jennifer_lopez_i.jpg (19612 octets)        Jennifer Lopez : Jenny From The Block

        On rêve d'un JFTB VS NKOTB. Je sais, il y a plein d'entre vous qui pensent que Mark Wahlberg est un acteur. Et bien c'est totalement faux. Mark Wahlberg est un New Kids On The Block. Et avec Jenny, il pourrait peut-être reprendre d'assaut la cité, quoi, tu vois. Parce que Jenny, c'est une vraie, une pure, elle est street, quoi. Non, elle ne fait pas partie des Streets, faut suivre ! Jenny, elle a l'habitude des fights aux couteaux et aux guns dans les rues de LA. Tu vois. Elle est trop crédible, c'est pas une petite joueuse. Quoi. C'est pour cela qu'elle fait des chansons super engagées pour nous dire qu'elle en a. De la thune. Et ça se voit. On voit d'ailleurs plus sa thune que son gros derrière maintenant. C'est dire si elle en a de la thune. Bon, et si on se repassait West Side Story, plutôt ?

Craig David : What's Your Flava

Oui, bon, alors, on se les remet les Streets ?

avril-lavigne2.jpg (29841 octets)    Avril Lavigne : Indécrottable

        Elle est à la musique pop ce que Buffy est à la série TV : le résidu moisi des pires clichés. Avril Lavigne, finalement, on s'en fout, mais elle vend. Et je me demande bien qui peut écouter cela en l'an 2003. Et Joe Strummer est mort. Et merde...

U2 : Electrical Storm

        Alors, bon, eux ils sont vivants, mais c'est comme s'ils étaient morts. Il paraît aussi que Phil Collins vend encore des disques. Oui, et puis ton groupe préféré est Supertramp. On connaît la chanson. Let's Push Things Forward, hein, comme il dit.

Justin Timberlake : Like I Love You

        Le nouveau Michael Jackson (la belle affaire) nous transporte vers des sommets d'indigence avec un premier album produit par des gens qui ont un peu de prestige mais des fois on se demande pourquoi. Timbaland, les Neptunes, tout ça, les Trevor Horn de notre époque, vous voyez.

Robbie Williams : Feel

        C'est pas parce que Jarvis Cocker aime que c'est bien. Il aime Oasis, Jarvis, vous savez. Le nouveau Robbie Williams est vraiment très mauvais. C'est Angels, mais en plus flan. Je vous assure que c'est possible. Et puis le clip est laid. Et la pochette de son disque est ridicule. Mais c'est un type sympa. Alors, ça y est, on l'excuse. Encore une fois. C'est bien parce que c'est lui. Et qu'il est sympa. Mais il ne faut pas qu'il abuse. La prochaine fois, on lui proposera un duo avec Justin Timbale, là.

Atomic Kitten : The Tide Is High

        Les vieilles greluches d'Atomic Kitten reprennent un standard de Duke Reid et ses Paragons. Mais bon, manque de culture oblige, elles ne cessent de parler de Blondie, qui avait effectivement repris la chanson une quinzaine d'années plus tard. Bref, ça rame comme des amibes chez les Atomic Kitten, qui arrivent ainsi à faire affront à plein de gens talentueux en un seul single. La classe, les filles !

Coldplay : In My Place

        Les sous-Radiohead de chez Coldplay sont en train de se dire qu'ils peuvent être les pires de leur catégorie. Pourtant il y a de la concurrence avec les pingouins de Muse. Bah, ça nous fera du sport sur M6 pour les longues soirées d'été ça. Pour l'instant, il faut l'avouer, les plus mauvais Radiohead du monde, ce sont toujours les Muse. Mais Coldplay remonte doucement son retard à la force de singles et de clips caricaturaux jusqu'à l'étouffement. Un bien piètre album à la clef. Bonne chance les gars !

pod-hates-mme.jpg (34879 octets)        Puddle Of Mud : She Hates Me

        She hates me, yeah, yeah, yeah. She hates me, yeah, yeah, yeah. Oh, pardon, je m'amusais un peu, parce que face à tant de caca en barres, il faut bien se détendre sous peine de s'énerver. Puddle Of Mud plus mauvais que Offspring et Limp Bizkit en duo ? Oui monsieur ! Si c'est possible monsieur ! Leur She Hates Me allie tout ce que l'on déteste chez le néo-métal qui pue de la gueule. Mélodie enfantine que refuserait les Popstars, guitares dégueulis californiennes, chanteur tête à claques, ramassis d'adolescence mal digérée. Ca craint. En gros, je suis jeune, j'ai la santé, mes vieux me passent tout, j'ai des copains débiles, je fume du shit, je mate des pornos avec des blondasses en silicone, j'suis un rebelle, ma copine m'a jeté parce que j'ai voulu la tripoter en écoutant un skeud de Puddle Of Mud. J'ai la haine, tu vois. Putain de société qui ne me comprend pas, comment je suis véner !

pink-183096.jpg (18986 octets)    Pink : Family Portrait

        Lorsque Dieu chassa l'homme du jardin d'Eden, il créa rien que pour l'embêter : la famine, la guerre, les gerçures, la haine, le racisme, les araignées poilues et Pink. Dieu est vraiment un grand taquin. Sacré lui !

holly-valance-97730.jpg (8151 octets)    Holly Valance : Naughty Girl

        Cette petite coquine de Holly sait que le sexe fait vendre. Et bizarrement elle écoulera plus d'exemplaires de ce seul single que Frank Black et Tom Waits de leurs doubles albums respectifs réunis. Le sexe fait vendre. De la merde. Souvent.

Kylie Minogue : Come Into My World

        Ma pauvre louloutte ! Depuis que les Tatu sont sur le marché, tu as pris un méchant coup de vieux ! Il n'y a bien que les lecteurs ménopausés des Inrocks pour voir encore en toi une bombe sexuelle. Que peut faire une quasi quadra australienne qui pose pour Vogue face à des lesbiennes russes à peine majeures qui posent pour le newsgroup alt.binaries.pictures.preteens.lesbians.singers.lick.pussy. Hein ? Hein ? Mais que peut-elle faire ??? Chanter de bonnes chansons ? Oh comme vous y allez, vous, alors !

Carla_Bruni_002p.jpg (17964 octets)    Carla Bruni : Quelqu'un M'a Dit

        Tout le monde aime son disque parce que tout le monde rêve de se la faire. Oui, bon, je sais, je suis brutal, mais c'est tellement évident que c'en est vraiment gênant. La poupée Carla a la guitare qui la démange et tout le monde voudrait bien la lui gratter un ptit peu. Alors la Carla, elle miaule des paroles consternantes sur des ritournelles soporifiques mille fois entendues. La petite Carla est à Georges Brassens et à Barbara ce que Holly Valance est à Ronnie Spector. Mais bon, tout le monde veut se la faire, alors tout le monde aime son disque. Ahlala, si vous saviez, Quelqu'un M'a Dit de Carla Bruni, c'est un album d'une telle classe ! Le sexe fait vendre, mais je me répète.

La Compil des Inrocks : Ce Qu'il Faut Découvrir

        Ouais, bah, ils peuvent rester couverts, ça ne nous dérangera pas. Conformisme, allégeance à la ligne du parti, voire carrément nullité cosmique doublée d'une prétention troublante. Dans l'ensemble, les lecteurs musiciens des Inrocks sont bien tristounets. A part le très con et très bon Suce Mon Couille (je cite), ça ne rigole pas des masses. Mais il faut toujours écouter les disques jusqu'au bout, car sur l'avant-dernière piste surgit soudain LA perle : le très joli The Bell Tolls Five de Kang. Une splendide symphonie minimaliste, avec une vraie mélodie, une vraie douceur, une vraie grandeur. Un peu comme si Sigur Ros avait compris que les chansons de 4 minutes pouvaient être largement mieux que les flans de 10 plombes. Alors, oui, vivement le premier album de Kang. Car lorsqu'on ouvre le mag, le seul à ne pas être lourdaud, auto-satisfait, faussement rebelle, le seul qui reste simple et touchant, c'est lui. Et hop, une bonne nouvelle.

Star Academy 2 : Paris Latino

        Nolwenn c'est celle qui suce, Emma c'est celle qui est artificielle et bonne, Georges Alain c'est le croisement entre la Créature du Marais et un steak haché, Jeremy c'est le trisomique, Houcine c'est la touche fantaisie coloniale, c'est génial, c'est Barnum leur truc ! Donc, tout ce petit monde est quotidiennement maté, commenté, envié, méprisé, fantasmé par plein de gens. Et ces gens achètent le disque. Les disques, même ! Le degré zéro de la musique, mais un degré assez raffiné du marketing. Parce qu'il en faut du talent pour arriver à vendre des machins pareils. Bon, ça dépasse tout. Là, je ne sais plus quoi dire. C'est tellement nul que ça peut être bien, quelque part, je ne sais pas, comme du Carlos ou la Bande à Basile, vous savez, ce genre de choses. Enfin, je ne sais vraiment plus très bien.

ketchup-slide_6.jpg (32476 octets)    Las Ketchup : The Ketchup Song

        Celles qui sucent (je n'invente rien, apprenez l'espagnol si vous ne me croyez pas) n'en finissent pas de coller aux tops, à la radio, à la TV, à nos oreilles. Oh mais c'est que c'est efficace ce machin là. Un vrai monument. Le single de l'année 2002, haut la main. Eminem à côté, c'est du Herbert Leonard.

Jenifer : Des Mots Qui Résonnent

        Celle qui a sucé dans la saison précédente persiste à vouloir vendre des disques. Mais puisqu'on te dit qu'on en veut pas de tes disques ! Hein ? Ah ? Ah... Oui, c'est vrai. Moi, j'en veux pas. Mais vous, vous tous, là, tous, vous en voulez. Bah vous allez en avoir, pour la peine. Bien fait !

Lara Fabian & Maurane : Tu es mon autre

        Merveilleux instant d'émotion, quand les deux grosses chanteuses fortes en gueule s'échangent des amabilités incompréhensibles pour le pauvre littéraire limité que je suis. Ca hurle, on se croirait chez Mariah Carey et Whitney Houston. Marre des grosses qui font rien qu'à ternir la cause des femmes fortes ? Ecoutez plutôt Jessye Norman.

ophelie-winter3.jpg (33202 octets)        Ophélie Winter : Sache

        On lui a dit à Ophélie : "tu sais, Ophélie, les Destiny's Child, c'est trop classe, tu devrais faire pareil, ce serait trop classe". Mais ce truc, là, ça n'a pas du tout la classe. Alors il y a quelque chose qui a déconné en chemin. Le clip est le même, le morceau est le même, la production est la même, tout est pareil, presque à la note près. Alors, quoi ? Serait-il possible, non, je n'ose l'imaginer, que ce soit Ophélie le problème ? Non, attendez, c'est pas possible. Elle est blonde, elle a des lèvres en plastique, encore plus de maquillage qu'Elisabeth Taylor et Joan Collins fondues dans un chaudron, elle a des gros seins, elle est retouchée par des ordinateurs qui ne viennent pas de chez Surcouf et on lui a créé une voix bionique. Alors, non, c'est pas possible, ça devrait être génial ! Non ? Non ? J'ai fait une erreur dans mon raisonnement ? Impossible, je vous le dis !

Jean Pascal : La Chanson Con

        Je me sens fatigué soudainement. Pourtant ça commençait bien, là, avec les Tatu. Enfin, quand même... Je me sens las, moi. Ahlala... Tellement las... Toute société a les chansons qu'elle mérite, c'est ce qu'on dit, non ? De là à dire que l'on vit dans un monde de cons, ça, ça n'engage que vous. Moi je dis, il faut respecter le goût des autres. Sauf quand ils écoutent Linkin Park et Pink, bon, oui, c'est vrai. Mais pour le reste, ils ont le droit, les gens, d'écouter Jean-Pascal. Après tout, pendant qu'ils font ça, ils ne vont pas défiler dans la rue. Ils sont contents les gens. Et c'est bien ça l'essentiel, que les gens soient heureux. Alors achetez La Chanson Con, si ça vous fait plaisir. Faut se faire plaisir dans la vie, non ? Hein ? Oui, bien sûr ! Ah ! Quel élan d'amour me submerge soudain. Je suis enfin, oui, enfin, une lesbienne heureuse, merci JP !

Edward D. Wood Jr. ("C'est une chanson, qui nous ressemble...")

 
 
 
 
 
 
 
 
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