Top singles 2006
-10- TV on the Radio – Wolf Like Me Le plus amusant avec cette chanson de l’un des groupes les plus médiatisés de ces derniers mois, c’est que, comme le prouve le clip, il s’agit presque ici d’un hard rock des années 80. Oui, tout à fait, avec ce que cela suppose de grosses guitares, de grosse batterie et de chœurs conquérants. Certes, le temps a passé, et l’ensemble est plus déconstruit et farfelu, mais il reste l’immédiateté et un peu de ridicule.
-9- Matthew Herbert – Something Isn’t Right Le producteur habituel de Moloko a offert en 2006 un superbe album de disco/r’n’b qui parviendrait presque à me réconcilier avec un genre souvent sinistré. Des cordes omniprésentes à la Marvin Gaye, des voix chaudes et un sens du rythme qui donne envie de bouger. La grande classe, comme sur ce single, savant mélange d’ambiance cinématographique et de légèreté de piste de danse.
-8- Girls Aloud – Biology La meilleure chose jamais issue de la Star Ac’, Nouvelle Star et innombrables dérivés, demeure le groupe Girls Aloud. Cinq filles aux qualités (vocales et physiques) inégales et complémentaires pour lesquelles sont écrites des chansons entêtantes et parfois surprenantes, mais aussi des morceaux plus inattendus et audacieux. Bien plus intéressante que la plupart des autres discographies de stars des plateaux TV, l’œuvre des Girls Aloud demeure très hétéroclite, mais lorsque les donzelles mettent dans le mille cela peut donner cette Biology clinquante, vindicative et sucrée.
-7- Sufjan Stevens chante Noël Pas vraiment un single, mais une collection de courts disques de chants de Noël, enregistrés depuis quelques années par le petit chrétien qui dépeint si bien en musique les Etats-Unis. Sufjan a la foi, on ne sait pas s’il croit encore au Père-Noël, mais sa sincérité est totalement désarmante. On aimerait se gausser fortement de ses versions folkloriques et rigolotes de « Les Anges dans Nos Campagnes » ou de « Jingle Bells », mais en fait non. S’il assume pleinement et intelligemment les aspects les plus kitsch de certains morceaux (en se contentant de petits instrumentaux) il parvient à rendre touchantes les pires scies associées aux crèches, aux petits santons et à l’arbre enguirlandé. Sans être révolutionnaire musicalement, ces reprises ont de l’éclat et se révèlent, aisément, comme la musique de Noël la plus admirable de ces dernières années.
-6- El Perro Del Mar – God Knows (You Have To Give To Get) La version désenchantée des Pipettes c’est bien sûr Sarah Assbring et sa voix toute tristounette. Sarah aimerait bien comprendre pourquoi elle est toute seule ce soir, c’est vrai quoi, elle fait de jolies chansons, comme dans les 60’s, avec une belle production, et puis elle a de la grâce, la demoiselle, elle a un peu tout pour elle, oui, le talent en supplément. Mais non, il n’y a personne, le téléphone ne pleure même pas, il ne sonne pas. Elle réfléchit alors et se dit que pour recevoir, il faut savoir donner. Et si tout était de sa faute ? C’est encore plus pathétique. Mais elle va nous murmurer ses remords, sur un petit air charmant et rêveur. Cette fois, c’est sûr, ça va marcher, on croise les doigts. Et pourquoi ne pas la caser avec Jens Lekman ?
-5- Lily Allen – LDN Si le monde entier l’a découverte à l’aune de l’adorablement revanchard Smile, la perle de la chipie Lily Allen c’est plutôt ce LDN, mélange de samples ensoleillés et de paroles désabusées. C’est frais, entraînant, impertinent, ça a du charme et c’est même entré très haut dans le top 50. Pour une fois que Edwood fait dans le populaire…
-4- The Pipettes – Your Kisses Are Wasted on Me Les filles ne se laissent plus faire, l’émancipation est arrivée depuis longtemps et il est toujours bon de le rappeler. Surtout lorsque l’on se nomme les Pipettes, qu’on porte des robes à pois, des gants blancs et des serre-têtes rouges. Gentils clichés issus d’un numéro de Life de 1955 ? Certainement pas, la musique est (presque) d’époque, mais le propos et l’attitude sont de 2006. Quand elles disent non, c’est non. Quand elles disent que c’est fini, it’s over. Et quand elles disent qu’elles sont les plus belles filles que l’on ait jamais vues, elles exagèrent. Mais on les aime aussi pour ça. Alors si les baisers comptent pour des prunes quand le cœur est brisé, le tout est de savoir le dire, avec l’art et la manière. Un martèlement guerrier pour bien faire entrer l’idée dans la tête du boyfriend jetable, puis une envolée lyrique pour rappeler que ce sont des petites filles tendres, au fond, et que c’est mal d’embêter les filles tendres.
-3- The Knife – We Share Our Mother’s Health Plus représentative de la folie furieuse du duo suédois que le crépusculaire Silent Shout, cette chanson ménage à la fois une invitation vicieuse à la danse et l’essence grotesque de la musique de The Knife. Pas vraiment de choix, soit l’expérience est rejetée en bloc (« Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? »), soit c’est le coup de cœur total.
-2- I’m From Barcelona – We’re From Barcelona L’Europe n’est donc pas morte, il reste même une mondialisation ludique, un grand bonheur un peu baba cool mais pas non plus endormi sous les volutes de fumée. Le single exprime la joie d’être ensemble avec une évidence qui fait monter le sourire aux lèvres. Festif et hédoniste, We’re From Barcelona se veut un hymne sans autre prétention que de donner envie de chanter tous ensemble et il y réussit avec brio.
-1- The Pipettes – Pull Shapes Le single de l’année pourrait se résumer comme l’idéal pop, l’incarnation de la perfection. Cela dure trois minutes tout juste avec une progression constante dans le plaisir, une succession ininterrompue de gimmicks et de slogans à reprendre en chœur (« What do you do when the music stops ??!!?? »), des chœurs féminins partout (elles ne sont que trois ?), des cordes en torrent, des breaks, des tremplins, des bonds et des rebonds. Comme le Heartbeat de Annie, Pull Shapes célèbre le plaisir de danser, à deux, à plusieurs, partout, n’importe où et sur n’importe quoi. Et en plus elles font la chorégraphie en chantant. |