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Le Nouveau Monde
Il est devenu un peu facile de qualifier le dernier film de Terrence Malick de
« sublime » et de « mélancolique », même si ces adjectifs définissent fort bien
et très efficacement les sentiments qui dominent à la vision du Nouveau Monde.
Malgré la fadeur, finalement assez justifiable, de Colin Farrel, les images
inoubliables sont nombreuses, de l’arrivée des bateaux britanniques sur un
prélude de Wagner aux jardins déserts de l’Angleterre grisâtre. Bien sûr il y a
la beauté anachronique de Q’orianka Kilcher, son innocence idéalisée et sa
tristesse déchirante. Au même titre que les Fils de l’homme et The Fountain, le
Nouveau Monde est un récit de fin du monde, d’infime espoir en la Nature
immortelle. La splendeur du récit ne parvient pas à dissimuler la noirceur
terrible du propos. Les derniers feux du « nouveau monde » incarnent la plus
grande des nostalgies humaines, celle d’un Eden qui n’a existé que dans les
contes et les mémoires. Il s'agit là de l'un des plus beaux films qui soient. |