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Jarvis Cocker
Jarvis
5 ans après la fin de Pulp, Jarvis Cocker revient enfin avec un véritable
album solo qui sonne comme du Jarvis et qui en impose comme du Jarvis. Bien
conscient que ses deux super pouvoirs demeurent son organe vocal et son écriture
à nulle autre pareille, l’auteur se met en valeur avec faste et le brin de
complaisance que l’on apprécie tant. Dès le premier morceau du disque, Don’t Let
Him Waste Your Time, Jarvis fait son auto-parodie, rassasiant les fans et se
délivrant ainsi du lourd passé au sein du groupe de Sheffield. Après ce n’est
plus qu’une succession de tubes, qui, s’ils déçoivent un peu musicalement aux
premières écoutes, imposent peu à peu leurs qualités mélodiques et surtout
émotionnelles. Du tortueux Black Magic en passant par le doucereux mais menaçant
I Will Kill Again jusqu’à l’hymne Cunts Are Still Running The World, l’album
déborde de personnalité. Et les perles sont nombreuses : le très ludique et
brutal Fat Children, l’étrange comptine malsaine Disney Time, le lyrique Heavy
Weather et surtout le chef-d’œuvre Big Julie avec ses textes en forme de best of
de ce que Jarvis peut faire de plus (im)pertinent sur les gens
(extra)ordinaires. Et on réalise au final que, comme les disques de Pulp, c’est
avec le temps que ce premier opus solitaire se révèle et s’adore, le découvrir
en concert étant par ailleurs un excellent moyen de dévoiler ses trésors. |