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Borat
Il paraît que le comble du
politiquement correct est d’adorer Borat pour mieux prouver son ouverture
d’esprit en excusant toutes les incroyables dérives de l’œuvre la plus
audacieuse (formellement et surtout dans son propos) de l’année. Certes, cela
semble logique, et pourtant il est aussi possible d’adorer Borat en toute bonne
foi, pour sa bonne gueule de comédie tout aussi odieuse qu’intelligente. En
détournant les codes de la « télé réalité » et de Jackass, Sacha Baron Cohen
joue des attentes et des croyances des spectateurs, manipulant à tous les étages
de son vrai-faux documentaire. Infiniment discutables, ses méthodes se jugent
par leur résultat tout aussi hilarant que brillamment politique. Face à une
incarnation globale de « l’étranger », les américains ne mettent pas longtemps à
tomber les masques et à s’épancher en des aphorismes tout aussi incroyables que
terrifiants. Bourré de symboles, en parfaite adéquation avec son époque, Borat
incarne idéalement l’année 2006. Par ailleurs, Sacha Baron Cohen s’impose
aisément comme le meilleur acteur de la période. |