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Sufjan Stevens
Illinois
Le héros de l'année n'a pas vraiment la carrure d'une star. Sufjan Stevens est un bonhomme adorable dont l'unique super pouvoir serait de créer des chansons inoubliables comme d'autres débitent des rengaines publicitaires. Mais quel super pouvoir ! L'artiste peut donner l'impression qu'une chanson de sept minutes n'en dure que trois et qu'un album copieux de plus d'une heure n'est à peine qu'un single. Stevens peut coller des tonnes d'interludes, évoquer un serial killer ou des images religieuses, sans que jamais son oeuvre ne paraisse pesante ou déprimante. L'artiste est toujours léger, même lorsqu'il aborde les thèmes les plus douloureux. Et c'est cette grâce qui transforme la majorité des chansons en sommets bouleversants, avec bien sûr comme exemple le plus frappant, le sublime Chicago. Lorsque les ambiances se font plus oppressantes comme sur l'entêtant Night Zombies, ou plus déchirantes comme sur The Seer Tower, Sufjan Stevens joue la fragilité, la corde sensible qui vibre jusqu'à la rupture. Avant de mieux enchaîner sur un hymne quasi festif, bâti dans un folk-rock ciselé où chaque instrument inattendu trouve pourtant sa juste place et où chaque nouvelle mélodie, chaque choeur féminin grandiloquent, chaque rupture de ton ne font que réjouir davantage l'auditeur. Mais que reste-t-il à ajouter aux concerts de louanges ? Sufjan est numéro un à peu près partout, c'est le disque de l'année, le monument à côté duquel tous les autres paraissent inachevés.