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Wallace & Gromit - La Malédiction du Lapin-Garou

 

        C'est l'histoire d'un homme et de son chien, d'un inventeur et de son fidèle compagnon, d'un maladroit invétéré et de son ange gardien. Bref, l'histoire de deux inséparables amis et d'une horde de lapins qui voudraient bien quelques carottes de plus. Cela débute comme un thriller, avant de s'évader vers la comédie absurde, et soudainement cela vire au film d'horreur, façon Hammer, quand Dracula hantait les cimetières gothiques et les jardins victoriens. De jardin il est beaucoup question dans le premier long-métrage de Wallace & Gromit, car Nick Park et ses camarades viennent de donner ses lettres de noblesse à un genre méconnu : le gore potager. Avant eux, nous connaissions déjà les tomates tueuses et la forêt vindicative de Evil Dead, mais jamais nous n'avions eu autant la frousse entre deux choux et une rangée de salade. L'histoire du cinéma avait déjà connu un terrible lapin tueur, chez les Monty Python, dont les petites dents aigues font encore frémir les plus sensibles d'entre nous, mais jamais l'on avait poussé la parodie aussi loin.

        Et qui dit parodie réussie dit dévotion et respect des genres parodiés, ce qui est évidemment totalement le cas dans La Malédiction du Lapin-Garou, oeuvre très référentielle mais totalement accessible aux non cinéphiles (un peu comme le Kill Bill de M. Tarantino par exemple). Les créateurs des studios Aardman ont pris les images connues de tous et les ont savamment détournées pour en faire un rêve de cinéma en pâte à modeler. Le long-métrage peut ainsi afficher ses ambitions, à grands coups de courses-poursuites dantesques et d'audaces de mise en scène, sans jamais perdre son aspect bricolé, un peu à la bonne franquette, avec les empreintes digitales bien visibles sur le museau du chien savant. Humilité, travail parfait et histoire prenante ? Il manque juste l'humour, bien sûr omniprésent qui visite tout le spectre du comique, aussi bien burlesque que hautement littéraire avec quelques calembours luxueux. On ajoute à cela environ une idée réjouissante par plan (pas par séquence, par plan !) et l'on obtient le meilleur divertissement de l'année.

 

 

P.S. :  Accessoirement, et pour mémoire, le meilleur film que j'ai pu découvrir au cinéma en 2005 date de 2004...