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Broken Flowers
Le rythme de la vie, le rythme du temps qui
passe, la véritable durée des "aventures du quotidien", voilà ce que propose
l'errance de Jim Jarmush. Broken Flowers est un fragment extraordinaire traité
sous la forme du trop peu, de l'absence, du vide et du manque. L'existence du
Don Juan apathique Bill Murray n'est qu'une interminable attente, une longue
traversée de l'existence sans véritable but, à part peut-être pouvoir écouter de
l'opéra sur sa chaîne Hi-Fi. Évidemment cela ne suffit pas à rendre notre Bill
heureux, surtout lorsque sa dernière conquête le quitte et que sa passivité ne
lui laisse plus d'autres choix que d'attendre, encore et encore. Quand le passé
le rattrape et que le présent
semble lui donner une nouvelle chance, c'est à reculons, en se pressant avec
lenteur, que notre homme se met en route. Mais le passé n'est plus très beau à
voir et la nouvelle chance est aussi floue que la vie en elle-même. Broken
Flowers est un film éthéré, où les apparences sont trompeuses, où rien ni personne
ne semble être au bon endroit au bon moment. Et pour conclure le road movie
minuscule, il ne peut y avoir que des pointillés et un final aussi juste que
frustrant, aussi évident que déstabilisant et qui fonde en grande partie la
réussite de l'oeuvre. |