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The Descent

 

 

        Adorer The Descent pour des raisons quasi métaphysiques, c'est sans doute clamer une certaine tendance au masochisme. Car si l'on peut prendre plaisir devant ce film en évoquant un "fun" lié aux jeux de massacre, le vrai délice tient à l'implacable sauvagerie toute primitive qui habite le métrage. The Descent est effroyable, tout n'y est qu'horreur et souffrance, le divertissement de trouille atteint des dimensions traumatisantes tant Neil Marshall surenchérit dans le calvaire sadique (en comparaison, le gentillet Calvaire aussi sorti cette année au cinéma paraît vraiment très fade). De surcroît, The Descent évite un piège tout en nous prenant dans ses filets : on pourrait en effet penser de prime abord que le film va s'avérer gentiment sexy vu qu'il ne propose que des héroïnes en tenues moulantes, et finalement pas du tout. Au contraire, le périple n'est jamais érotique, ni même ambigu, la violence fait vraiment mal et ne titille jamais notre libido déviante.

        A force de détails glauques, de claustrophobie et de bains de sang, The Descent fascine, étouffe et picote notre inconscient jusqu'à nous hanter longtemps après sa vision. Il y a dans cette oeuvre des images et des idées qui éveillent nos peurs les plus ancestrales, qui excitent nos instincts les plus archaïques, en une catharsis voisine de chefs-d'oeuvre barbares tels que Maniac ou Massacre à la Tronçonneuse. L'expérience se rapproche sans doute de la pornographie et s'avère même encore plus perverse, tant l'agrément procuré par cet étalage d'atrocités se justifie encore plus difficilement que les charmes du X. Et pourtant on ne regarde pas The Descent avec honte, on s'en réjouit et on meurt d'envie de le revoir, même si l'on se doute que ce ne sera jamais aussi fort que la première fois, quand la suffocation nous a saisi dans la salle de cinéma, sensation épouvantable et merveilleuse...