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Deerhoof

The Runners Four

 

        Un disque gag, ça fait toujours plaisir, du moins quand le gag est drôle et bien mis en scène (ici, en musique). Impossible de prendre au sérieux une seule seconde The Runners Four, Deerhoof affichant clairement sa volonté de ne respecter aucune des règles de l'écriture musicale habituelle. Donc, nous sommes dans la déjante, pure, simple et systématique. Prises à part les unes des autres, les chansons ont toutes leur charme, tantôt craquant, tantôt un peu effrayant. On a parfois l'impression de voir s'avancer des poupées tordues auxquelles on aurait arraché certains membres pour coller des bouts d'on ne sait trop quoi. La voix rigolote et souvent énervante de la chanteuse japonaise de Deerhoof rend parfois le disque totalement "kawaï", du "kawaï" forcément mignon mais aussi logiquement déviant. The Runners Four est intrigant et souvent assez jouissif et c'est l'un des albums les plus originaux de 2005, cependant, contrairement au Blueberry Boat des Fiery Furnaces par exemple, on n'a jamais le temps de s'accrocher et de s'attacher à cette musique, le refus systématique de céder aux formes classiques ainsi que l'abondance des morceaux rendent l'oeuvre amusante mais jamais passionnante et encore moins touchante.