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Antony & The Johnsons

I am a Bird Now

 

 

        Cet album, loué un peu partout comme l'un des sommets musicaux de 2005, est quasi religieux, ou du moins extrêmement spirituel. On peut l'écouter avec le même respect qu'une messe, la même extase qu'un requiem, la même émotion qu'un Ave Maria. Même si l'on se refuse au sentiment religieux, on comprendra aisément ce sentiment de "Sacré" qui habite I am a Bird Now et en particulier le chant de Antony. Cet homme a une voix fantastique, mais fantastique au sens d'irréelle, de surnaturelle même. Beaucoup ont pu croire à la première écoute qu'ils avaient à faire à un chanteur (voire une chanteuse) noir(e), ce qui n'est absolument pas le cas, bien au contraire. Antony est cet androgyne blanc, aux rondeurs presque enfantines, et à la carrure disproportionnée par rapport à la fragilité de sa voix. Il porte à lui seul tout l'album, la musique des Johnsons étant un bel écrin de jazz embrumé, de piano bar un peu bringuebalant, mais elle n'est véritablement qu'un accompagnement, elle ne vient interférer avec la performance du chanteur qu'à de très rares occasions (à part sur la chanson d'ouverture, et sommet du disque, le bouleversant Hope There's Someone). L'impressionnant succès de l'album va donc bien au-delà la curiosité des auditeurs pour un "freak", c'est le charme et la simplicité de cette musique qui a avant tout conquis. Mais la voix d'Antony est peut-être capable de transcender tout ce qu'elle touche...