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David Byrne

Grown Backwards

 

 

        Pas facile de survivre à sa légende. Certes, un nouveau disque de l'ex-leader des Talking Heads est moins attendu et discuté que celui d'un David Bowie. On ne pourra que hurler à l'injustice. Tant l'écoute de ce magnifique Grown Backwards prouve que l'on tient là le projet solitaire le plus cohérent, accessible et réussi de David Byrne. Dès l'ouverture sur le gracieux Glass, Concrete and Stone, Grown Backwards évoque les meilleures heures des Talking Heads. Une pop sophistiquée, sensible, gorgée de mille et une influences. La musique d'un érudit jamais pédant, même lorsqu'il se met à rêver d'opéra en entonnant du Bizet en duo avec Rufus Wainwright.

        Sur cet album, Byrne poursuit aussi des thèmes toujours d'actualité, comme les angoisses citadines, les paradoxes politiques, le malaise occidental et tout un dédale d'introspections ironiques et malicieuses. Le tout emballé dans des mélodies chatoyantes et des arrangements gentiment 80's. Et grâce à des perles telles que The Other Side of This World, on pardonne facilement la très vilaine faute de goût finale, Lazy, un effroyable machin "house", que renierait même la Kylie Minogue de Fever. Non, rien ne parvient à empêcher Grown Backwards d'être un grand disque et David Byrne d'être un artiste diablement attachant.