Mentions spéciales
Une année aussi impressionnante que 2003 ne pouvait raisonnablement pas tenir dans un top 10 (même si j'ai un peu triché...), je me vois donc dans l'obligation d'accorder de nombreuses mentions spéciales et autres coups de cur à certaines uvres qui m'ont plus ou moins marqué.
La première de ces mentions se doit de revenir à The Hours, parfait mélodrame hollywoodien. Une belle histoire (trois belles histoires !), des belles actrices (trois belles actrices !), une jolie mise en images, avec une jolie musique de Philip Glass (qui fait toujours la même chose, mais ne chipotons pas). Le film, qui, avant Dogville, a imposé Nicole Kidman comme l'actrice de l'année. Mais au détour d'une scène mémorable, face à une touchante Julianne Moore, Toni Collette nous rappelle sa présence, un jour c'est elle qui recevra l'Oscar...
Terminator 3, ensuite, que je persiste à considérer comme le meilleur de la série. Au grand désespoir de la majorité des fans de l'indestructible (ou presque) cyborg. Mais ce troisième volet est moins figé que le premier et moins niais que le second. Un second volet qui tenait essentiellement la route grâce à ces monstrueuses scènes spectaculaires. Scènes renvoyées aux oubliettes par la débauche de destructions de Terminator 3. Une uvre qui n'affiche pas d'autres prétentions que de divertir avec du spectacle brutal et de la SF apocalyptique à l'ancienne. La réussite est quasi totale.
La Cité de Dieu, malgré quelques vilains tics de mise en scène, l'histoire (vraie) contée est suffisamment puissante et les acteurs (amateurs) si brillants que l'on peut tout pardonner.
Le McTiernan annuel, Basic, aussi virtuose que futile.
Le Royaume des Chats et Mari Iyagi, deux dessins animés sous la haute influence de Miyazaki. Malheureusement, ils sont tous les deux assez éloignés des ambitions du maître, et ils peinent à décoller. Malgré de belles qualités narratives et surtout esthétiques.
Quelques séries B sympathiques, quoique inégales, telles que le classique mais prenant Abîmes, le très intense Equilibrium, le tordant Destination Finale 2, l'inégal mais plein de bonnes intentions 28 Jours Plus Tard, l'immonde Haute Tension ou le définitivement barré House of the Dead (qui ne sort en France qu'en 2004, j'y reviendrais peut-être). Le grand-papa de tous ces "petits" films, Evil Dead, a même eu droit à un retour traumatisant sur grand écran. La reprise de l'année.
Il y a aussi les coups de génie épars. Dont le plus marquant serait la scène d'ouverture du par ailleurs assez décevant Gangs of New York de Martin Scorsese. Film bourré de qualités, essentiellement esthétiques, mais plombé par une histoire manquant cruellement d'impact. Autre film inégal mais sympathique, l'agréable Interstella 5555, mais encore faut-il supporter la musique de Daft Punk, ce qui n'est pas donné à tout le monde.
D'autres uvres mériteraient bien des louanges, mais elles demeurent pour l'instant inédites en France, à l'image de l'étonnant Resurrection of the Little Match Girl ou du très beurk Ichi The Killer, pourtant mis en scène par le tâcheron Takeshi Miike.
L'année 2004 s'annonce sous un jour des plus séduisants. Bien sûr avec, dans un premier temps, le très, mais alors très très très attendu Big Fish de Tim Burton. Enfin, attendu par moi, du moins, mais je crois que je suis pas le seul. On guettera aussi, entre beaucoup d'autres, un Neverland avec Johnny Depp et Kate Winslet, le volume 2 de Kill Bill, The Incredibles du studio Pixar, l'extrêmement prometteur nouvel épisode de Harry Potter (superbe bande annonce), un nouveau Spielberg (qui ne cesse de se surpasser ces dernières années), le début du tournage du King Kong de Peter Jackson (il faudra bien cela car... mon Dieu, c'est terrible... il n'y aura pas de Seigneur des Anneaux à Noël prochain... on prend vite l'habitude des bonnes choses... mais si on commence déjà à évoquer très sérieusement The Hobbit), quelques péplums (Alexandre, Troie, et j'en passe), sans doute au moins un Tsui Hark (et la sortie de Legend of Zu en France ? Un jour... peut-être...), peut-être un Kitano...
2004 risque d'être avant tout d'être une année très "animée", car outre The Incredibles, nous aurons (peut-être) droit aux sorties françaises de Ghost In The Shell : Innocence, toujours mis en scène par Oshii, de Steamboy d'Otomo et du nouveau Miyazaki dont le nom m'échappe à cet instant (une histoire de château, à nouveau, je crois). En attendant, toujours, et encore, la distribution de Millenium Actress, le chef-d'oeuvre total de Satoshi Kon (et je pèse mes mots). Bref, pas de quoi s'inquiéter, l'avenir cinématographique est radieux.