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Hero
Un début de polémique aura entouré la sortie française de Hero. Le film semblant, au final, prôner le sacrifice de l'individu, même le plus extraordinaire, sur l'autel de la raison d'Etat et du bien commun (rien de très original depuis le théâtre grec, donc). On y a vu un semblant de propagande communiste. Certes le film de Zhang Yimou peut prêter à une telle lecture, mais ce serait oublier la première heure de métrage et les valeurs et autres chemins de traverse qui nous y sont proposés. Car le metteur en scène conte avant tout une légende, très vaguement historique, qui lui permet de déployer des fastes visuels tétanisants et d'enchaîner les scènes taillées dans le cur même du mythe.
Visuellement, Hero est d'une beauté stupéfiante, quasi irréelle. Par instant on est totalement écrasé par l'emphase et la force de ces plans parfaits. Si le film bouleverse, c'est plus par sa forme que par ce qui est dit. Mais peu importe, car au final, Hero touche en plein cur. Pendant 1h40, l'oeuvre n'aura avancé que par l'intensité de l'instant, de l'image, du geste, de la réplique. Et si à ce niveau, les deux uvres de Kitano lui sont infiniment supérieurs, le film de Zhang Yimou mérite bien des louanges. Ne serait-ce que pour ses acteurs, tous dotés d'un charisme tétanisant. Ainsi que pour ses scènes de combats, follement chorégraphiées. Et même si Hero est une "réponse" à Tigre et Dragon, les deux uvres sont très dissemblables. Et sans doute complémentaires.