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Dark Water
Parvenir à mettre en scène un film d'épouvante qui soit à la fois terrifiant et émouvant n'est pas seulement un tour de force. C'est un fait exceptionnel et de nombreux metteurs en scène de génie ont échoué devant la difficulté de la tâche. Hideo Nakata avait déjà prouvé avec Ring qu'il pouvait offrir un cinéma totalement effrayant, très sobre, maîtrisé, étrange et envoûtant. Avec Dark Water, il reprend certains éléments qui ont fait la force de Ring (la petite fille maudite, l'attente, la mère de famille traquée, le crescendo dans l'horreur qui vampirise peu à peu le quotidien...), et y ajoute une humanité touchante.
Une émotion qui surgit du rapport entre la mère et sa fille et qui culmine dans une coda bouleversante, inattendue, qui renforce le malaise tout en décuplant l'impact de l'oeuvre. L'épouvante nous envahit alors totalement, face à cette réalité qui bascule peu à peu et à ces scènes chocs terriblement efficaces. En arrière-plan, des angoisses qui n'ont rien de fantastiques surgissent. La peur de l'abandon, de l'absence, de la séparation, de l'effondrement de la sécurité de la famille, la disparition des habitudes, des repères, des certitudes. Le lent basculement de l'existence vers le chaos, la folie, la solitude, la mort. Dark Water évoque tous ces thèmes avec une finesse qui surprend. Derrière l'histoire de fantôme se cache le conte de nos peurs les plus familières, les plus banales et les plus douloureuses. Terrifiant.