Hors Classement

Le Château dans le Ciel

 

 

        Comme en 1999, avec la sortie retardée pendant une décennie de Totoro, le film de l'année nous parviendrait tout droit surgit d'une faille temporelle. Miyazaki, toujours lui, l'homme qui ne sait créer que des chefs-d'oeuvre, avec Laputa - Le Château dans le Ciel, sorti au Japon en 1986... et en 2003 en France. Bien sûr, j'aurais pu le classer au milieu des autres films de l'année. Mais être à part, au-dessus de la mêlée, flottant dans les nuées, c'est bien là la juste place que l'on peut accorder à une œuvre de Miyazaki.

        Que dire qui n'a pas déjà été dit ? Tout le monde s'est extasié devant le Château dans le Ciel. Et affirmer que cela était mérité est une évidence triviale. L'univers de Laputa est si magique, évocateur et touchant qu'il nous émerveille par son simple souvenir. L'aura du film, comme toujours avec Miyazaki, dépasse largement le cadre temporel du visionnage de l'oeuvre. Et des semaines, des mois plus tard, on se surprend à lever les yeux vers le ciel en quête d'une île au trésor surmontée d'un arbre géant.

        Laputa est un songe en apesanteur, une exaltation de notre fascination pour l'aventure fantastique et un ticket enchanteur qui nous offre le droit inestimable de revenir vers notre enfance. Pas une "rechute" vers la niaiserie, pas une enfance idéalisée par des adultes qui ont tout oublié, non, une enfance telle qu'on l'a vécue, avec ses démons et ses merveilles, sa violence, sa tendresse, ses sortilèges et ses récits immenses qui faisaient exploser les murs de la chambre. Voilà ce que nous offre à chaque fois Miyazaki. Et son tout récent chef-d'oeuvre incontournable, le Voyage de Chihiro, mon film de l'année 2002, était la synthèse idéale de toutes ces promesses. La plus grande des aventures, hors du temps, de l'espace, des cultures, de la réalité, chaque œuvre de Miyazaki nous l'offre. Si un jour on ne doit garder que quelques souvenirs du 7e art, prions pour que les films de Miyazaki en fassent partie. Ils sont l'idéal du cinéma.