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Arrête-Moi Si Tu Peux

 

 

        Pour le moins, Steven Spielberg est un créateur ultra productif du 7e art. Ce monsieur a le don d'ubiquité, ce n'est pas possible autrement. Réalisateur d'au moins un long-métrage par an, producteur, homme d'affaires, père de famille nombreuse, personnalité médiatique, Spielberg est partout, tout le temps, et le plus souvent avec brio. Présenté ainsi, son Arrête-Moi Si Tu Peux, prend des allures de vraie-fausse autobiographie, soigneusement désamorcée sous le prétexte de l'adaptation de faits réels. Il n'y a pas de Spielberg dans ce film, voyons ! Vu que l'on parle ici de la rocambolesque existence de Frank Abagnale Jr., faussaire précoce génial. La matière idéale pour créer une comédie classe, pleine de charme et d'une bonne part de la magie des années 50 et 60. En ce sens, Catch Me If You Can est le plus pur film hollywoodien de l'année (stars, glamour, clinquant, belle histoire exemplaire...).

        Mais c'est aussi l'une des œuvres les plus personnelles de Steven Spielberg, peut-être la plus intime depuis la Liste de Schindler (A.I. mis à part). La légèreté de son ton, la fluidité de sa mise en scène, ont laissé penser à beaucoup que nous étions là face à une œuvre "mineure". Car la comédie, même teintée de drame, sera toujours considérée, sur l'instant, comme moins "importante" que les créations au sérieux imperturbable. Pourtant, cette grâce à la fois classique et très contemporaine, qui habite Catch Me If You Can, réserve de jolis moments d'émotions, de très bons gags, de superbes images et quelques performances d'acteurs admirables (le génial Christopher Walken en tête). Avec discrétion, Steven Spielberg a signé en 2003 l'un de ses meilleurs films. Nul doute que le temps lui offrira la place qu'il mérite. Et que nous ne sommes pas près de nous en lasser. Merveilleux.