Vos avis sur Avalon
Salvor
Salut je trouve très intéressant ton avis sur Avalon. Je voudrais juste ajouter quelques remarques : tu parles très justement de palindrome pour Avalon.
Il est vrai que le film peut être interprété de deux façons différentes et opposées avec des correspondances, des échoes.
La première est optimiste pour le joueur accros du virtuel. On peut voir le film comme un éloge au monde virtuel du jeu qui peut être préférable à notre monde car le joueur y est mieux dans sa peau et peut s'exprimer via un avatar et donc une nouvelle personnalité avec les caratéristiques et des pouvoirs qu'il souhaite. Mais comment décrire un monde virtuel de jeu qui motive jusqu'au point de préférer ce substitut à la réalité et du monde quotidien? Il faudrait offir au joueur un monde qui doit lui paraître plus complexe et plus riche que notre réalité.
Une des solutions consiste à transposer le tout. C'est a dire de "dégrader" la complexité de notre monde. La réalité devient donc univers virtuel d'un jeu, avec ses scènes de répétitions (le tram, la canette, etc.), son déterminisme plus accentué (déjà nous même sommes gouverné par un déterminisme mais à une echelle moins visible!). Ainsi dans Avalon le monde du debut du film est notre réalité "dégradée" afin de permettre de représenter dans ce monde là un jeu dont l'univers est plus complexe (tout du moins dans la tête des joeurs) que la réalité. C'est le niveau "Class Real" du jeu Avalon.
Il faut admettre que l'on progresse dans la génèse de monde virtuel de plus en plus complexe (on est bien passé du jeu Pong au jeu Tactical Ops infiniment plus compexe!) Sur ce point on rejoint Ghost in the Shell (de Oshii aussi) qui montre la génèse d'une nouvelle race plus complexe qui va remplacer l'humanité. La question de la préférence du monde virtuel au monde réel peut donc être posée dans ce cas là. Sans cette transposition, si on nous montre le monde virtuel du meilleur des jeux actuels, il faut être complétement idiot pour préférer vivre dans ce jeu. (Les parties de TO c est bien mais bon pas plus de 50h par semaine!)
Dans cette première interprètation, on peut donc voir une éloge au monde virtuel que Murphy préfère d'ailleur à sa réalité. On peut comprendre le choix de Murphy vu la richesse de ce monde "Class Real" par rapport à son monde originel. Mais Ash va réussi à accéder à ce niveau et les deux meilleurs joeurs humains (Bishop n'étant pas un joueur mais l'un des admininstrateurs/opérateurs du jeu) vont s'affronter. Murphy explique sa préférence pour ce monde virtuel qu'il trouve plus riche et plus intéressant. Il finit par se laisser tuer pour offrir à Ash la possibilité de se rendre compte de cette richesse et de comprendre son choix. La dernière scène montre que pour Ash cet l'univers virtuel complexe ne remplacera pas son monde originel et surtout son chien et finit par vouloir revenir (d'ou sa concentration pour forger l'image des statues de son monde à la fin du film afin créer le portail de retour vers le véritable Avalon qu'est notre réalité).
Ash retrouve son monde et nous spectateur le notre.
La trasposition n'a plus lieu, la réalite de Ash rejoingne la notre.
Fin du film, et message : Welcome to Avalon.
La deuxième interprétation est plutot une critique des jeux virtuels. Les joueurs sont tellement accros qu'ils mélangent réalité et monde virtuel...d'où les échoes et les correspondances entre les deux mondes : présence et disparition du chien, vrais fruits, vraie viande, vraie volka dans un monde virtuel (objets colorés alors que le reste est en N/B-Sépia), tanks au début du film et chars/cannons à la fin du film). L'univers virtuel du jeu y est montré comme une sorte de drogue et le joueur y est prisonnier. De nos jours par exemple beaucoup de joueurs sont accros de Counter Strike, de Tactical Ops et des jeux de rôle "massif" sur Internet. Tout comme Stuner dans Avalon ils ne passent que peu de temps dans leur véritable monde et préfère de loin l'univers virtuel du jeu dans lequel ils peuvent choisir leur identité et leurs caractéristiques (pseudo Ash/Stunner/Murphy, couleur des cheveux : belle mèche argentée de Ash, armes etc...). Ce genre de joueurs très accros mangent a toute vitesse (ils ne quittent le jeu virtuel que pour des besoins vitaux) et on comprend alors les scènes de repas de fortune de Stunner ingurgité à la hatte et directement avec les doigts (tout comme les joeurs de notre réalité avec leurs pizzas-coca). Les joueurs accros dorment très peu et les cernes de Ash dans la dernière partie du film en témoignent. Ainsi mise à part quelques échoes du monde réel consacrés aux besoins vitaux du joueur le début du film est le jeu vituel dans lequel les personnages communiquent par Internet en ingurgitant leurs pizzas et en jouant à leur jeu favori. Malheureusement un des joueurs de l'équipe de Ash (le clan Wizard) décide d'arrêter le jeu Du point de vu des joueurs présents dans le jeu c'est une déconnexion.
Murphy abandonne le jeu et donc son équipe. Et dans pas mal de jeux l'avatar du joueur qui quitte la partie passe dans l'état inactif : état de coma dans avalon. Ash veux donc savoir pourquoi Murphy a abandonné leur monde de jeu pour cette réalité qui l'intéresse moins et dans laquelle elle n'est pas aussi connue (c'est quand meme une joueuse redoutable et reconnue dans le jeu avalon).
Dans dans cette réalité elle est une inconnue parmi les milliers de personnes qui se promènent dans les rues... comme quoi même dans la réalité la solitude et tout aussi présent voire plus que dans le jeu. Ash semble être insignifiante au milieu de cette marée de gens et dans les trams.
Cette double vision très philosophique des probables univers de jeu du futur est magnifiquement mise en scène et le moindre détail est nécessaire, rien n'est gratuit.
La forme épouse le fond de manière époustouflante. Comme d'habitude chez Oshi, la beauté du film va de pair avec la lenteur et la mélancolie voire mêle la solitude des personnages. Même si on peut lui reprocher de récupérer certaines éléments a Ghost in the Shell, comme par exemble le personnage de Ash ou encore la magnifique snène de pluie, il faut admettre que Avalon fait partie des dix meilleurs films de SF intelligents, aux cotés entre autres de GitS, 2001, Blade Runner et Brazil.
Phan Tran
01/04/02
Avalon est un chef d'uvre.
Oui, c'est un peu péremptoire de le dire comme ca. D'ailleurs, un chef d'uvre est
censé être unique dans une carrière, et Oshii nous a déjà pas mal abreuve (Jin-Roh,
GitS), mais c'est un fait.
D'abord, parlons de l'aspect jeu video... Remercions Oshii d'être le premier a
retranscrire véritablement le concept du jeu vidéo a l'écran. C'est devenu une mode
parmi nos "éminents" critiques de dire qu'un film est construit "comme un
jeu vidéo", lieu commun et mensonge assez scandaleux d'ailleurs. Les rares
tentatives de retranscrire cet univers a l'écran ont été des fours indignes: le pire
exemple étant le pathétique Existenz, purge immonde qui n'avait rien compris (oui, ca
fait mal du dire ca de Cronenberg). Les films adaptes de jeux étant tellement mauvais
qu'ils montraient bien l'approche méprisante de l'industrie du cinoche et de l'opinion en
général. Et tout ca pendant que les jeux réussissant a capturer l'essence du cinéma se
multipliait (Metal Gear Solid ou Resident Evil pour les plus connus). Donc Avalon est la
première transcription fidèle. Le joueur se reconnaîtra facilement.
Mais au delà de ca, Avalon est aussi une claque stylistique assez énorme. Les
images parlent d'elles même. Beaucoup de retouches par ordinateurs invisibles qui
confère au film un cachet unique. Oui, unique. Jamais vu avant, toute reproduction sera
évidemment une copie. Photo magnifique, acteurs excellents, réalisation unique... Les
qualités du films sont innombrables, et la musique est extraordinaire.
Mais au delà du credo film/jeu vidéo et de la qualité stylistique, Avalon n'est pas un
film d'esbroufe. Il y a un propos, et surtout un propos original. Oshii brise un tabou en
déclarant que oui, le monde virtuel est l'égal du monde réel. Jusque la, le virtuel
c'était caca, point de salut pour ceux qui ne vivent pas dans la réalité! Cette
affirmation seule accentue le caractère unique du film, qui se permet des choses assez
ose (des chars soviétiques patrouillant dans les rues d'une capitale d'ex République
Populaire? Hummm...).
Alors certes, on capte pas grand choses au dernier quart d'heure. On sent bien ce qui se
passe et le propos, mais narrativement, on est paume. Mais ca n'a pas empêche 2001
d'être ce qu'il est n'est ce pas. Avalon est du calibre de 2001, il joue dans la même
catégorie. C'est pas peu dire. Avalon, c'est un coup de tatane dans ta gueule. Comme un
bon film de Tsui Hark. Avalon. Avalon.
Les discussions avec moi même sont encore ne cours pour savoir si il est meilleur que
GitS et Jin-Roh. Mais bon, avec ce film Oshii accède définitivement a la cour des très
grand réalisateurs contemporains, celle des Hark et des Kubrick.
LMD
31/03/02
Avalon : Mamoru Oshii. 2000. sortie française 27 mars 2002. Film japonais.
Produit par Canal + et Bandai. Version Originale : en polonais.
Après une vingtaine d'années, au service du cinéma d'animation, et plus rarement du
cinéma dit « Live » ; Mamoru Oshii a eu tout loisir de réfléchir à ces deux moyens
d'expressions pas si éloignés que cela. Salué comme un maître par Stanley Kubrick
suite à son premier chef d'uvre Ghost In The Shell, Oshii est depuis devenu le
maître étalon du cinéma mondial au côté comme c'est étrange d'Ayaho Miyazaki. Après
avoir participé à la gestation du scénario d'Intelligence Artificielle, Oshii fut
approché par James Cameron, qui avant Titanic avait eu le projet fou de réaliser le
remake de Ghost In The Shell dans une forme « Live ». Le choc de l'Animé d'Oshii fut
tel que d'obscurs tacherons pillèrent honteusement l'univers du réalisateur de Patlabor
pour réaliser leur produit frelaté. Même aujourd'hui les nouveaux chouchous de la
critique, et du public que sont Pixar semblent avoir étés séduit par le dessin animé
jusqu'à parodier une scène célèbre dans leur dernier bijou : Monsters inc.
Alors que tout ce beau monde ( Kubrick, Spielberg, Miyazaki, Cameron, les deux vaches et
le duo Pete Docter & John Lasseter ) est joyeusement congratulé, Mamuro Oshii lui
continu son bonhomme de chemin sans être placé sous les sun-light. C'est ainsi que son
dernier film apparaît sur les écrans deux ans après sa réalisation. Avalon, pourtant
est déjà un classique. Un film culte de festival et des amateurs de Divx à un point
tel, qu'Avalon est maintenant visible au cinéma. C'est avec de tel film qu'on s'aperçoit
que le système de distribution des films obéit à l'uniformisation du cinéma et à la
loi hollywoodienne ( le partenariat franco-américain historique dictatorial imposant des
produits uniformisés en excluant la différence ). C'est aussi grâce à ce genre
d'événement qu'on comprend que le cinéphile « post-moderne » (puisque « nouvelle
cinéphilie » est déjà connotée) est en train de naître, grâce non plus aux salles
de cinéma et autres cinémathèques, mais grâce au monde virtuel qu'est Internet. On
comprend aussi malheureusement que cette nouvelle génération de cinéphiles, fait partie
exclusivement des classes aisées, puisque pouvant se procurer un matériel et une
connexion tout aussi coûteuse. Il y a encore heureusement quelques rares festivals fuyant
le consensuel pour les moins fortunés mais la réalité est là : Internet devient
pratiquement le seul moyen de se procurer en Divx ou Dvd des films aux marchés trop peu
porteur.
Ainsi né un deuxième phénomène qui nous amènera finalement à Avalon : l'exclusion
socio-culturo-temporelle ( Houla la, c'est d'un pompeux ! Pfuuh, chui bien parti pour
écrire aux Cahiers ). La vitesse de l'Internet permettant de savoir, de réfléchir et
d'imposer une uvre ou une information bien avant que celui qui ne possède Internet
puisse le faire, et là on parles de la majorité des individus. De là, la création de
deux temps différents. Si les deuxièmes s'extasient aujourd'hui sur Avalon, les premiers
ont déjà téléchargés L'Attaque Des Clones ( C'est un exemple, mais franchement : les
pauvres !! ) et s'échangent les derniers films de Takashi Miike en Dvd : Alors bon,
Avalon l'est bien gentil mais c'est du passé tout ça. Les premiers expérimentant le
futur des seconds, de là deux réalités s'opposent. Tout ceci est ( je sais ce sont des
propos naïfs ) profondément injuste puisque la cinéphilie est devenue une question de
fric ( c'était une intervention de Caliméro ). Néanmoins, tout ce processus avait
déjà été analysé par Pierre Bourdieu ( l'accès à la culture se trouvant
inégalement répartie selon la classe à laquelle nous appartenons ), bien avant
l'invention d'internet. Internet accentue juste ces inégalités et la reproduction du
schéma socioculturelle établi : les exclus de la «technologie» et d'une partie de la
culture, subissant et devant accepter la vision de l'uvre définis auparavant par la
nomenklatura sans avoir aucun moyen
d'exprimer une opinion différente, même si plus pertinente. Mais ce phénomène visible,
permet aussi de vérifier la pertinence des propos de Mamuro Oshii. Puisqu'en
l'accentuant, il ajoute un nouvel outil pour façonner deux mondes : l'un dit « virtuel
» et l'autre dit « réel ». Le premier s'immisçant de plus en plus dans l'autre et vis
versa. Les adeptes de chacun des deux mondes se rejetant mutuellement.
Avalon effectivement ne parle que de ça : la confrontation entre deux réalités et les
phénomènes d'exclusions qu'elles génèrent. Ces deux réalités existent et on leurs
avantages comme leurs inconvénients, mais chacune rejette l'autre avec dédain. C'est
tout le propos de Mamuro Oshii, dans Avalon où Ash une hardcore-gamer de légende dans un
monde d'exclusion, essai par tout les moyens d'accéder au stade ultime d' « Avalon »,
jeu de réalité virtuelle : « La classe réelle ». Pour arriver au stade ultime, elle
va former une nouvelle équipe composée avant tout d'un ancien compagnon de jeu et de son
rival de toujours : Bishop. Pourtant cette trame apparente semble bien simpliste lorsque
le spectateur découvre l'ultime plan du film qui remet en cause toute la narration du
film.
En effet, Avalon peut tout aussi bien se lire d'une façon différente ( et de bien
d'autres d'ailleurs ) et être perçu comme une sorte de palindrome cinématographique au
sens pourtant totalement différent. Si la notion de réalité est mis à mal avec la
lecture première du film, c'est les rapports ambiguë liant les individus du jeu entre
eux qui se révèlent dans d'autres sens. Le rôle de chacun n'étant pas si évident que
cela dans la progression du récit. De même, si dans un premier temps, le spectateur peut
percevoir le film Avalon comme un film englobant un jeu vidéo où la réalité n'existe
pas vraiment ; dans un second temps en effectuant le voyage par la fin il pourra percevoir
Ash non pas comme un avatar mais comme une femme réelle qui s'enfonce progressivement
dans une réalité virtuelle en essayant un jeu nommé Avalon (?)se nourrissant de sa
propre réalité. L'exemple le plus visible est l'affiche d'un concert d'un opéra nommé
Avalon : outre le nom que l'on retrouve dans le jeu, apparaît aussi le chien du jeu. De
plus, l'un des éléments du jeu se trouve aussi être un ami de Ash, et certains
éléments du décor comme le canon rappel ceux des chars d'assauts. Dans le même temps,
cette progression inversée est quelque fois visuellement mise en scène : comme au début
du film, lorsqu'Ash fend la foule dans les rues polonaises remontant l'action à sa
source. A la fin ou au début c'est selon, se pose le problème de sa réelle existence :
Ash est un avatar qui pense être réel ou bien Ash est une humaine qui pense vivre dans
un monde virtuel. Dans les deux situations, son entourage lui demande d'être prudente par
rapport à sa perception de la « réalité ». Chacun des partis faisant l'éloge de sa
réalité en minimisant les aspects positifs de l'autre.
Plus fort encore, lorsque l'on creuse l'idée première en acceptant le fait qu'Ash
évolue seulement dans un monde virtuel. Dans ce cas, il est possible de voir le maître
du jeu, comme le véritable joueur du jeu. Les mondes virtuels permettant, on le sait de
changer d'identité. Si dans un premier temps, le maître du jeu empêche son avatar de
s'introduire dans « la classe réelle » (c'est à dire la réalité ou peut être plus
vraisemblablement, le dernier stade avant la réalité du spectateur ) ; il le laissera
atteindre l'extrême limite du jeu en lui permettant alors de devenir réel : il joue
alors le rôle du passeur. Dans cette perspective, Avalon révèle l'un des nombreux
points communs entre le film et Stalker de Tarkovski ( film que je ne porte absolument pas
dans mon cur ). On peut aussi voir l'intervention de Bishop et des « neufs soeurs
» comme celle d'un groupuscule appartenant à la réalité d'Avalon ; se servant d'Ash
pour éliminer Murphy ancien membre des Wizards ayant quitté leur monde pour vivre dans
la réalité du spectateur. Là encore deux mondes s'affrontent : le monde d'Avalon qui
est vu comme réel par ces « habitants » et le monde de la « classe A » très proche
de la réalité des spectateurs, qui s'impose à Murphy comme la réalité. Chacun des
partis voyant dans l'autre une réalité virtuelle dangereuse. Pourtant, les deux
réalités, du film sont vus par le spectateur comme virtuelle. Si la seconde lui semble
proche de sa réalité, notamment dans son identification au personnage lorsqu'il sort du
jeu classique ( la sensation étant très proche de la sortie du cinéma : passant des
ténèbres a la lumière ). A la mort de Murphy, le spectateur s'aperçoit que ce n'est
toujours pas la réalité. A ce moment, il ne peut que se considérer comme un nouveau «
joueur » d'Avalon. Tout comme les joueurs d'Avalon, il considère que son monde est réel
et ceux du film virtuel. A ce niveau la question qui doit lui venir est : « qu'est que
j'en sais ? ».
Il y a enfin un dernier scénario possible à Avalon : Hardcore-gamer acharnée, Ash ne
parvient pas à se déconnecter avant l'apparition d'un bug que tous appellent « Ghost
». Une sorte de bug ou virus qui détruit progressivement le cerveau des joueurs l'ayant
croisé. C'est le cas de l'héroïne qui croise le bug sous forme de petite fille dans un
hôpital. Progressivement, le film de Oshii va connaître une transformation esthétique.
Le film sera contaminé de séquence en séquence par une coloration nouvelle des plans.
De la couleur sépia s'échappe de manière diffuse des teintures plus variées. Les
aliments connaîtront par exemple une coloration progressive tandis que le chien d'Ash
disparaîtra tout d'un coup hors champ. Ash sera-t-elle condamnée à errer à
l'intérieur d'Avalon ? Mais là commence une nouvelle vision du film sur laquelle je
n'appesantirais pas d'avantage mon argumentation. - La contamination du cinéma « Live »
par le cinéma d'animation : Tous les plans étant retouchés numériquement, jusqu'aux
mouvements des acteurs - Il s'agit tout de même de remarquer non pas les rapports
évidents qui lient Avalon avec les jeux vidéo d'un point de vue esthétique ( les
multiples expérimentations de l'arrêt sur image ), gameplay ( l'ultime frontière
séparant le cinéma du jeu vidéo étant ici quasiment franchie, puisque le spectateur
est amené a se poser les mêmes questions que les personnages. ), séquences en plateaux
( la plus facile des références déjà utilisée dans de multiples films ) et autres
scénarii à tiroirs ( la complexité des scénarii des Final Fantasy et la beauté de
leurs cinématiques, les fin diverses de Silent Hill et sa suite, les temps morts de
Shenmue, la richesse du scénario de Metal Gear II : tous les ingrédients que l'on
retrouve dans Avalon ); mais, la volonté d'aborder l'univers du jeu vidéo sous un angle
: quasi-philosophique. De faire sortir le jeu vidéo de ce préjugé auquel le cinéma a
lui aussi été confronté à ses débuts c'est à dire celui de simple passe temps ;
alors que l'on se trouve face à de l'art. En un mot Oshii, est au jeu vidéo ce que
Baudelaire était au cinéma : c'est à dire un prophète.
A la lumière de ces visions-interprétations d'Avalon, on voit bien qu'Oshii met en
parallèle deux visions de la réalité qui ont toutes deux leurs avantages (être perçu
comme une « légende » dans l'une et être « vivante » dans l'autre ) et leurs
inconvénients ( « mourir » ou devenir un « légume » ). Tout comme il n'est pas si
évident que cela que l'une soit plus virtuelle que l'autre. Et c'est là que le propos de
Mamuro Oshii laisse le côté métaphysique pour s'engouffrer dans le message subversif.
Alors que le débat archaïque du danger des univers virtuels sur le mental, fait toujours
autant rage dans les médias et chez tout les « bien » pensants, le petit Oshii déclare
que la réalité virtuelle vaut autant que la réalité officielle. Elle n'est ni pire ni
meilleure c'est un moyen comme un autre pour accepter l'existence, c'est ce qu'avaient
fait avant elle toutes les illusions créé par l'homme de la peinture au cinéma. Et si
l'on avait pris la victoire du méchant virus de Ghost In The Shell, comme la défaite de
la justice représentée par la police ; on s'aperçoit qu'on était à côté de la
plaque lorsqu'on met côte à côte ces deux films, surtout si on les complète par le
scénario de Jin-Roh écrit par Mamuro Oshii. Le « Ghost » était poursuivit par le
gouvernement parce qu'il échappait au pouvoir de celui ci, en étant libre. Viendra un
jour où les visions de Mamuro Oshii seront notre réalité de tous les jours ; et où «
fuir » la réalité créée en fonction de la société de consommation, pour se
réfugier dans une réalité virtuelle, créée en fonction de notre idéal sera perçue
encore plus qu'aujourd'hui comme un acte subversif répréhensible. Mais visiblement, pour
le moment les deux réalités sont formatées par la consommation. Welcome to Avalon ou
Welcome To The Human Race ?
Jeffrey Lebowsky
30/03/02
Que faut-il penser d'Avalon ?
Voilà une bonne question.
La plupart des films ne révèlent pas tout à la première vision et ça m'a l'air vrai
pour Avalon.
Je dirais donc qu'à priori après une vision ça a l'air d'être un chef-d'oeuvre :
-une photo parfaite
-une actrice sublime
-une ambition assumée : ouvrir le 21ème siècle
-un dernier quart d'heure anthologique (très important pour entrer dans la catégorie
"chef-d'oeuvre")
-un visuel unique
-et, plus que tout, un contenu philosophique alléchant (cf 2001 : alléchant parce qu'en
ne l'ayant vu qu'une fois je ne pense pas l'avoir entièrement appréhendé)
mais certains trucs m'ont un peu emmerdé :
-j'ai eu du mal à entrer dans le film : le côté "jeu vidéo" nuit à
l'intensité dramatique de l'ensemble, en clair : les mecs crèvent et on s'en fout un peu
-toujours pour les JV, les références RPG sont un peu ridicules (attention je suis un
fan de JV!)
-c'est quoi ces plans dégueulasses du mec en train de bouffer? Et ils apportent quoi au
film?
-pourquoi le chien?
29/03/02
Ca y est je l'ai vu ... trois fois !! trois fois, c'est le nombre qui m'a fallu
pour prendre mes repères. La première fois, c'était le brouillard quasi-total, je ne
comprenais même pas qui était réellement Murphy !! Mais cette troisième vision, mon
dieu, alalala quelle aventure !! alors on va se mettre à un petit jeu ,complètement con
mais bon, moi ça me fait plaisir et c'est ce qui compte, non mais ! on va tenter de
répondre à chacune des questions de ta petite intro sur Avalon. Allez en avant !
Avalon est-il le nouveau 2001 ?
oui. pourquoi ? parce que comme 2001, Avalon est l'aboutissment des préocupations SF des
20 dernières années (30?), tout comme 2001 en son temps. de Vidéodrome à ExistenZ,
Avalon est une projection vers le passé (les Mythes, la constitution d'un monde basé
uniquement sur des légendes) comme vers le futur (quelle sera l'identité de l'homme dans
ce monde virtuel qui se prépare ? comment pourra t-il EXISTER ?) Evidement il faudrait
dévelloper sur ces deux points mais je vais essayer de m'expliquer au cours des autres
questions ? alors Avalon est bien un équivalent actuel du 2001.
Le nouveau Solaris ?
oh oui !! on pourrait même dire le nouveau «Andreï Roublev» (celui que je préfère de
Tarkowski), bon dieu !! de toute façon dés Ghost In the Shell, Oshii avait mis les
choses au point : nous possédons tous notre "fantôme", ce double inconnu, que
nous nous créons ou qui nous échappe. On s'y réfugie, on s'en sert pour se protéger du
monde réel,comme Ash le fait dans le métro (ou tout simplement dans la vie
"réel" ?), ou comme Stunner le fait en s'empiffrant.Ce dernier est piégé par
son fantôme, il est piégé par Avalon. Résultat : il vit "trop" sa vie
"réel", en fait il ne vit plus: il est devenu une machine (regardez les
mouvements de caméra quand il mange !), même pas un sauvage,non, il "utilise"
la réalité pour vivre, au sens littéral. Le reste du temps il laisse son fantôme
s'exprimer dans Avalon. Ou bien il participe au "fonctionnement" d'Avalon. Mais
quel est ce fonctionnement ? la rumeur, la légende, l'excitation, l'envie. Avalon n'est
pas qu'un'"jeu". Il est une partie intégrante de l'homme : croire à l'inconnu.
dans un monde où tout semble prévisible, les hommes s'emmerdent. La réalité d'Avalon
est très subtile : pour moi il s'agit d'un univers où plus rien n'échappe à l'homme (
2001 bis ?), l'homme connait tout, il n'a plus rien à apprendre. Résultat : l'homme
s'emmerde. "Avalon .... un héro prend le bateau et met les voiles vers cette île de
légende... Avalon ... Aux Neufs Soeurs... Et Avalon vers cette île sacré ... Et Avalon
............................"
Le nouveau (forcément) Ghost In The Shell ?
forcément ;o)
Ou le "Matrix du pauvre" ?
je n'ai pas envie de rentrer dans cette bataille puérile sur les "analogies
Matrix/Avalon". Oshii s'en fout : je m'en fous.
Piège à "nerds" ?
3 fois pour comprendre.. allez.. 60 % du film .... quand j'y pense effectivement ça
me fait réfléchir. Pourtant je n'ai pas eu la même sensation que devant "Mullohand
Drive", où le jeu était plus de se perdre dans les méandres du film pour
l'apprécier. Je sais que c'est fou et très personnel mais je pense que la
"stratégie" d'Avalon est de transformer le spectateur dans l'état d'un joueur,
c'est à dire qu'Oshii ne laisse pas le spectateur sur le retour : on a envie de revoir le
film. Contrairement à Lynch, Oshii nous donne suffisament d'indications à chaque vision
pour obtenir un "retour" du spectateur. L'image , l'imaginaire, l'histoire, les
"sensations" : tout concours à nous rendre "dépendant" du film. Bon
allez, si quelqu'un comprend ce que je veux exprimer qu'il ne prenne surtout pas la route
!!
Monument philosophique ?
Allez on va finir sur ça parce que sinon je vais te faire 40 pages : qu'est-ce que
la "classe réelle" ?? c'est .... non, on ne sait vraiment pas ... Avalon
devient ce chef d'oeuvre dans ces 15,20 dernières minutes. Un monde imaginaire né de
l'esprit d'Ash ?? (ce qui voudrait dire qu'Avalon est en fait le reflet de nos rêves les
plus profonds). La VRAI réalité du film ?? (ce qui voudrait dire qu'Ash et tous les
autes ont rêvé ou déliré tout le reste, comme dans ExistenZ) une image du passé,la
classe "réelle" donc notre époque ?? (ce qui signifirait que l'humain a
commencé à "déserter" la réalité juste à notre époque). Ca c'est si on
essaie de comprendre d'un point de vue purement "pratique", pour expliquer le
film. Mais d'un point de vue philosophique, métaphorique, c'est l'avalanche, le plongeon
total vers l'inconscient, un malaise indescriptible (car c'est vraiment du malaise que
j'ai ressenti pendant ces 20 dernières minutes. De ce genre de malaise qui vous
transporte, certes, mais du malaise quand même). On en reparlera de ces 20 dernières
minutes, tout comme on parle encore de 2001. Alors avant que tous les philosophes du monde
se penche sur le cas, voici mon interprétation (et na d'abord !) : Plus d'explosions, de
missiles, de commandos, d'hélico nucléaire : Voici NOTRE réalité copié, recraché,
imité et le ciment de cette réalité finalement c'est l'homme. Par ses croyances, par sa
capacité à inventer, Oshii démontre que l'homme n'a pas besoin de la
"matière" pour exister. Que font Ash et Murphy à la fin du film ?
concrètement ils sont simplement allongés sur un fauteuil, ou dans un lit pour Murphy.
Seuls, tellement seuls dans un univers perdu, loin des hommes. Mais ce que nous voyons
sous nos yeux, et ce que ressentent Ash et Murphy, c'est la naissance d'un mythe, d'une
légende. Et ces deux humains jouent un rôle, ce sont plus que des acteurs, il sont
devenus Avalon et Avalon ne peut exister sans eux. L'homme se suffit à lui-même, et ça
revient à l'idée de Fantôme, celui-ci étant simplement la construction d'un personnage
dans un univers quelquonque. Pour moi, contrairement à tous les autres films du genre et
tous les autres auteurs du genre, Oshii fait un éloge de l'homme : en fin de compte
l'homme est bien la vie la plus intelligente, il a réussi à devenir
"créateur" et SURTOUT il a réussi à devenir indépendant de ce qui le
contrôlait auparavant (Dieu, Mohammed ou le Monolithe peu importe comment on l'appelle
;o) Indépendant ? aïe ! c'est ce que croyais jusqu'à la toute dernière image du film.
Cette fin je ne la "retient" toujours pas entre mes neurones ... Ash
désirait-elle ce sort ? Savait-elle ce qui lui arriverait ensuite ? Ce
"sourire" final c'est quoi bon dieu !!?! MAIS QU'EST DEVENU ASH EN FIN DE COMPTE
?? et là vraiment, oui, je savais que ce film m'avait vaincu.
Thomas Jacquemin.
PS: Le chien ?
si il est sur l'affiche d'Avalon période "classe réelle", c'est qui il doit
avoir quelque chose derrière tout ça ... mais bon j'en ai déjà trop dit ;o) allez le
voir ! allez le voir ! allez le voir ! allez le voir !
29/03/02
Avalon ne sorts même pas à Brest le 27 mars!Espérons qu'il ne va pas falloir attendre un mois ou plus, comme pour Time and tide (qui étaitsorti ds le ciné d'art et d'essai de Brest!)
G.
28/03/02
Mon premier avis était extrèmement confus, car écrit juste après avoir vu le
film. Je ne l'ai pas encore revu, mais mes idées se sont clarifiés.
"Welcome to Avalon", le film nous invite immédiatement à rentrer dans
son univers. Ce n'est pas un hasard si ce message apparaît très tôt dans le film ;
Oshii nous avertit : rentrez dans le film, sinon ça ne sert à rien. A rien, peut-être
pas, vous pourrez toujours admirer la splendeur visuelle du film et constater froidement
la beauté de la musique. Mais vous auriez là une vision du film excessivement
superficielle. Pour reprendre la comparaison d'Edwood, ce serait comme regarder le tableau
Guernica en se contentant d'admirer la qualité du trait et l'originalité de certains
motifs.
Nous suivons une partie essentielle de la vie de l'héroïne du film, Ash. Ce
moment où l'on constate que son train de vie ne suffit plus, que l'on a besoin de plus,
autrement dit, le moment ou un homme ou une femme cherche à s'accomplir. Ash éprouve
sûrement des sentiments pour Murphy qui la pousse, plus que l'énigme de sa disparition
à partir à sa recherche dans la classe "SA". Et sous son apparence inhumaine
apparaît une âme, prête à tout pour y parvenir, poussée dans cette démarche par son
destin (disparition du chien, dernière chose qui l'accrochait à la vie). Son regard vide
sur un monde presque mort, s'anime à la recherche d'une profondeur, du moyen d'élever
son âme au dessus d'une vie superficielle de constats et d'informations. Elle n'a même
plus aucun plaisir, elle ne joue à Avalon que pour la performance, ou peut-être par
dépendance...
Finalement elle parvient dans la Class Real, sorte de paradis de l'imagination,
coloré, où l'art (encore un moyen d'élever son âme) tient une place importante, un
monde vivant (cf. le paradoxe entre le métro du "monde réel" où tous les gens
sont immobiles et muets, et le métro de la Class Real, plein d'activité, de mouvements,
de bruits, bref de vie). La Class Real c'est le rêve, l'imagination. Le film se termine
par 'Welcome to Avalon', qui, je le pense, s'adresse au spectateur : regarde le monde
autour de toi, tu vois cette voiture ? Est-elle plus "réelle" que la fleur
surréaliste et magnifique à laquelle tu penses, où à laquelle tu as rêvé ? Est-elle
plus "réelle" que la "cloche de feu rose" que Rimbaud décrit dans un
ciel nuageux ? Peut-être... Mais quelle importance ? L'important c'est le vrai. Réel ou
virtuel, réel ou fictif il s'agit d'arriver au VRAI, à la profondeur. Et oui, la cloche
en feu surpasse en vérité toutes les cloches que vous n'avez jamais vu de vos yeux.
Avalon est une invitation à regarder le monde autrement, à saisir sa profondeur.
Une invitation à la vie, à tuer l'individualisme qui progresse en ce moment même. Une
invitation, biensûr, à éléver son âme : il nous guide en nous montrant l'exemple
puissant d'Ash : si elle y arrive, dans ce futur terrible dont vous ne voulez pas,
pourquoi pas vous dans un monde bien moins desespéré ? si vous ne voulez pas de ce monde
qui est montré dans le film, suivez l'exemple d'Ash, avant que cela ne devienne beaucoup
plus dur. Dés lors le film est encore bien plus qu'un simple préavis du monde
deshumanisé qui pourrait nous attendre, il nous guide, dans un monde où il n'est et ne
sera pas évident, de moins en moins, de gagner l'accomplissement moral et psychologie,
le bonheur profond d'une âme épanouie.
Je ne dis pas que tout cela est directement dit dans le film, mais ce dernier
invite à une réflexion qui amène à ces conclusions. Je n'eus certainement pas pu
écrire ce court (en comparaison à l'infinité du film) message sans l'avoir vu.
J'espère avoir mis en évidence combien il serait dommage d'avoir une vision
superficielle du film, et combien il serait terriblement con de ne pas aller le
voir, au profit de légeretés incomparable. Je crois qu'il deviendra aussi
indispensable d'avoir vu Avalon que d'avoir lu le Rouge et le Noir ou la Chartreuse
de Parme (que je préfère personnellement - enfin ça, vous vous en foutez pas
mal). D'ailleurs je propose qu'on rende obligatoire (envoyez des millions de lettres à
Jospin ou Tasca ou je-ne-sais-qui) la vision du film...
Enfin, je m'égare, je ne sais pas si Oshii serait content qu'on créé une sorte de
totalitarisme culturel - qui peut rappeler de mauvais souvenirs - même pour promouvoir
son film. Non, il faut simplement que vous en parliez au monde entier, que - dans la
mesure du possible, n'y gâchez pas votre vie ! (sinon le film aura eu l'effet contraire
de ce qu'il recherche) - vous fassiez tout pour que le film soit apprécié à sa juste
valeur ( et soit apprécié tout court, autrement dit, soit vu ).
C'est tout de même incroyable - et pourtant vrai - qu'un simple film, aux
apparences légères - car sans insistances lourdes en ce qui concerne le fond - puisse
générer une telle profondeur.
Je me trompe probablement sur certains points de mon interprétations du film, et
je corrigerais et élargirais mon raisonnement lors des prochaines vision, mais j'espère
et je crois avoir saisi la substance générale du film, comme tout le monde le
peut. Avalon est bien plus qu'un film et Oshii et un grand et un vrai artiste - il y en a
peu.
Alexandre.
28/03/02
Welcome to Avalon
Avalon c'est beau.
Avalon c'est Ghost in the Shell + eXistenZ + Kieslovski.
Avalon c'est l'anti Matrix.
Avalon c'est pas un chef d'oeuvre mais juste un excellent film.
Avalon c'est le cinéma.
PS: ASH LIVES
24/03/02
Bon ça fait un baille que je ne l'ai pas vu. peut être que j'en dirais plus la
semaine prochaine. Pour l'instant: c'est le film-vidéo-game ( Matrix, Exiztenz,
Vidéodrome, Dark city etc... ) le plus aboutit, le plus intelligent et tralala. L'idée
selon laquelle, entre deux monde "virtuel" il peut être compréhensible que
certain choisissent leur monde virtuel, plutôt que le monde virtuel offert par la
société réelle, est une remarque quelque peu intéressante. C'est quelque part un point
de vue révolutionnaire, et subversif pouvant être perçut comme une "troisième
voie" parmi les utopies humaines. Ne pas changer le monde, selon l'idéal d'une
personne ( ou d'un groupe de personne ), mais la liberté de chacun de vivre dans son
propre monde. A un tel point bien sur que le monde choisit est plus réel que le monde
subit. Dans les deux cas, pourtant: une chose est sur: la vie est courte. Quant a la
musique: Ha mieux comme zic. Entre la BOF de Ghost In The Shell et Avalon, pour moi pas
photo. Ghost In The Shell ( plein petits frissons partout ). Niveau technique: Si y a eu
des prises de têtes totalement inutile sur Final Fantasy ( premier film aux acteurs
virtuels, selon la presse, selon la pub - redondance - a croire qu'ils n'ont jamais vu
Blanche Neige !! Final Fantasy est un dessin animé !! rien de plus ) je suis quasiment
sur que là, les propos sur l'aspect moral de l'utilisation de retouche numérique pour
améliorer l'expressivité du jeu des acteurs ( encore plus fort que Georges Lucas et sa
Menace Fantôme ) va passer comme une lettre a la poste. Puisqu'impossible a détecter.
Avalon, est avec Starship Troopers une date dans l'utilisation des effets spéciaux
numérique. Autre aspect polémique. La presse étant ce qu'elle est, certain parlerons
d'Avalon, comme d'un plagiat de Matrix. Sans doute que la majorité des spectateurs,
diront que Oshii a tout piqué a Matrix. Et sur ce point, ON ne peut rien faire. la loi de
l'argent et du chiffre est plus forte que celle de culture. Anecdote: a la fin de Monstre
et compagnie, Pixar laisse percevoir il me semble qu'ils ont vu Ghost In The Shell. Le
combat final entre le gentil et le méchant ( invisible ) est fort proche d'une séquence
celebrissime de Ghost In The Shell. J'ai l'étrange impression, qu'Oshii devient aussi
incontournable que Stanley Kubrick. ( A.I. étant la synthèse et la passation des
pouvoirs entre Kubrick et Oshii: tout deux ayants été impliqué sur le projet. )
Jeffrey Lebowsky
23/03/02
Arf ! Après avoir regardé 124 586 fois la bande annonce, j'ai acheté la Bande originale du film de Oshii que j'attend qd même depuis 2 ans. Que dire ? Edwood tu ne t'es pas vraiment trompé,la musique est jolie et si elle est a l'image du film ce doit être dantesque ! :) Plus que quelques jours a attendre,mais c'est terriblement dur pour un ptit nerd djzeune comme moa snif.... ^^
(cool je suis ptet le premier post) :)
Nouilles
Note de Ed : et bien oui, tu l'es. Ce n'est pas vraiment une critique du film, mais au moins tu montres le bon exemple (enfin les smileys, c'est pas trop ça, soit dit en passant sans animosité aucune). Le film est mieux que la musique (forcément puisqu'il intègre la musique en plus de plein d'autres choses), et tu ne seras pas déçu, je ne pense pas. Je précise que l'on peut être décontenancé par la ou les premières visions. Comme toujours avec Oshii les scènes d'action sont intenses mais peu présentes, et le rythme est très ample, très répétitif, hypnotique. Les thèmes abordés sont si denses et nombreux qu'on est tenté de les limiter au maximum au début, on focalise sur quelques points qui ne sont pas forcément les plus essentiels. Alors il faut insister et "s'habituer" à l'oeuvre. Croyez-moi, j'ai aimé le film dès la première fois, à la deuxième vision je l'ai trouvé proche du génie, à la troisième je me suis dit que c'était un pur chef-d'oeuvre. Et depuis il ne cesse de grandir en moi. Vous ne pouvez pas être déçu. Ne serait-ce que le visuel, Avalon va vous traumatiser, promis-juré.